Le projet de rapprochement entre l’italien Leonardo et KNDS tombe à l’eau

Les groupes Leonardo et KNDS avaient entamé des négociations pour un partenariat stratégique en fin d’année 2023. Ces discussions ont pris fin. L’ouverture à l’Italie du programme de char du futur franco-allemand est plus qu’incertaine.

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char leclerc
La fin des négociations de rapprochement entre Leonardo et KNDS éloigne la perspective d'une contribution italienne au programme franco-allemand MGCS. Ce programme de char de combat du futur vise à remplacer à l'horizon 2040 les chars français Leclerc et allemands Leopard.

La consolidation dans le secteur de l’armement terrestre attendra. Le groupe de défense italien Leornardo a annoncé l’interruption de ses négociations avec le groupe franco-allemand KNDS en vue de créer une alliance stratégique. «Leonardo annonce, malgré les efforts entrepris, l'interruption des négociations avec KNDS pour définir une configuration commune pour le programme de char de combat de l'armée italienne et pour développer une coopération plus large», indique le groupe transalpin dans un communiqué diffusé le 11 juin. Leonardo n’a pas expliqué pourquoi les discussions n’avaient pas abouti.

Leonardo et KNDS avaient en fin d’année 2023 officialisé leurs discussions en vue d’un rapprochement stratégique. Ces pourparlers, qui avaient obtenu l’aval du gouvernement italien, avaient pour objectif de «créer un véritable groupe européen de défense et, en outre, de coopérer plus étroitement dans le domaine de l'électronique de défense terrestre». Les deux entreprises devaient également collaborer au développement, à la fabrication et à la maintenance de la solution LEOPARD 2 A8 pour l'armée italienne et des plateformes de soutien associées.

L’arrêt des négociations remet tous ces projets en cause et fragilise l’éventuelle participation italienne au programme franco-allemand du char de combat du futur. A travers le programme MGCS (Main ground combat system), Paris et Berlin veulent développer le char blindé du futur. Ce successeur des chars français Leclerc et Leopard doit voir le jour aux environ de 2040.

Une consolidation européenne au ralenti

Lorsque le programme avait franchi une étape industrielle importante fin avril, aucune contribution italienne n’avait été mentionnée. Ainsi, les quatre principales sociétés impliquées dans le programme (KNDS Deutschland, KNDS France, Rheinmetall Landsysteme et Thales) avaient annoncé leur intention de mettre en place une société commune.

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Il faut dire que les Etats et les industriels des deux pays avaient peiné à s’entendre pour garantir une répartition équilibrée des charges de travail sur la base d'un ratio équilibré 50/50 entre les sociétés françaises et allemandes. L’intégration de l’Italie au projet et de son champion italien Leonardo risquait de remettre en cause le fragile équilibre obtenu dans la douleur. Après cette annonce, Leonardo confirme son engagement à fournir à l’armée italienne un système de combat terrestre performant et interopérable.

L’échec de ce rapprochement souligne la difficulté d’enclencher une consolidation industrielle dans le domaine de l’armement terrestre. Les initiatives qui aboutissent restent rares. En début d’année, le groupe belge John Cockerill qui fabrique des tourelles de char a annoncé son intention d’acquérir le fabricant de véhicules blindés légers Arquus, une filiale du groupe Volvo produisant exclusivement en France. En combinant leurs activités, ils espèrent constituer un groupe de 2000 salariés avec un chiffre d’affaires de l’ordre du milliard d’euros. La France et la Belgique ont apporté leur soutien à ce rapprochement. Avant cela, la seule opération majeure réside dans la fusion en 2015 du groupe français Nexter et de l’allemand KMW... qui a donné naissance à KNDS.

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