Une double décision finale d’investissement qui marque une étape majeure pour le premier grand projet britannique de capture, transport et stockage du carbone. Le 10 décembre, la coentreprise NZT Power a annoncé le passage en phase d’exécution de son projet de centrale électrique à gaz à captage de CO2 dans la vallée de la Tees, au nord-est de l’Angleterre, tandis que le consortium Northern Endurance Partnership (NEP) faisait de même pour son projet d’infrastructure de collecte, transport et stockage du CO2, qui commencera par évacuer les émissions de la centrale.
La construction des deux installations est prévue pour mi-2025 et leur mise en opération pour 2028. Le budget de l’ensemble est affiché à près de 5 milliards d’euros et il est prévu, à terme, de capter et stocker 2 millions de tonnes de CO2 issues de la centrale par an.
Stocker dans un aquifère salin le CO2 capté sur une centrale à gaz de 742 MW
Co-entreprise de BP et Equinor, NZT Power a attribué à un consortium mené par Technip Energies, avec GE Vernova et le constructeur Balfour Beatty, le contrat de fourniture clés en main d’une centrale à gaz à cycle combiné de 742 MW. Celle-ci doit être équipée d’un système de captage de CO2 reposant sur une technologie développée par Shell et baptisée CANSOLV. Il s’agit d’un captage par absorption chimique utilisant un solvant composé d’amines. Ce type de procédé est le plus mature aujourd’hui, mais sa consommation énergétique élevée – entre 2 et 3 gigajoules par tonne de CO2 captée – et le rejet de grandes quantités de solvants limite son potentiel de déploiement.
L’infrastructure prévue par le consortium NEP, composé de BP, Equinor et TotalEnergies (à hauteur de 10%), comprend d’abord un réseau terrestre qui collectera le CO2 capté à la centrale NZT Power mais aussi à la future usine de production d’hydrogène H2Teeside et au site de production de gaz industriels BOC, où un projet de captage baptisé Teesside Hydrogen CO2 Capture doit être réalisé. Quelque 145 km de pipeline offshore doivent ensuite permettre de transporter le CO2 au large des côtes anglaises, vers des sites d’injection à près de 1000 m sous le fond de la mer du Nord, dans l’aquifère salin Endurance.
Le consortium espère ainsi transporter et stocker jusqu’à 4 millions de tonnes de CO2 annuellement, et se projette déjà vers une expansion de son réseau sur une plus large partie de la côte Est anglaise.



