Le PLA, un matériau d’emballage en sursis

Lors de la première édition du CFIA à Toulouse, Citeo a rappelé que les échéances réglementaires approchent à très grands pas. A l’image du bois, du PLA, des tissus, du grès ou de la céramique, quelques matériaux sans filière de recyclage sont proches de l’interdiction.

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Vincent Colard Citeo CFIA
Vincent Colard (Citeo) intervenait lors du Cfia à Toulouse.

Lors de la première édition du Carrefour des fournisseurs de l'industrie agroalimentaire (CFIA) à Toulouse (Haute-Garonne) du 20 au 22 septembre 2022, Vincent Colard a tenu une conférence intitulée « Recyclabilité : quel matériau d’emballage choisir ? Pour quelles filières de recyclage ? » particulièrement suivie. Il faut dire que le responsable de la recherche et développement (R&D) et de l’écoconception de Citeo n’a pas tourné autour du pot : en matière d’usage unique, « il va falloir atteindre 100% d’emballages recyclables dès que possible » afin d'être conforme en 2031. Une définition des notions de « recyclage » et « recyclabilité » est nécessaire mais « il y a un vrai enjeu d’harmonisation » au sein de l’Union européenne. « En Allemagne, il y a onze Citeo et onze définitions de la recyclabilité », illustre Vincent Colard. La France tente de faire partager sa position.

Si le cadre réglementaire - lois Antigaspillage pour une économie circulaire (Agec) et Climat et résilience pour la France et directive relative aux plastiques à usage unique (SUP) en Europe - fixe des rendez-vous jusqu’en 2040 et 2050, autant s’y mettre tout de suite ! Tel est le message délivré pendant une heure par la société agréée pour la valorisation des emballages et papiers ménagers au titre de la responsabilité élargie des producteurs (REP).

Analyses de cycle de vie

L’imminence des prochaines échéances a de quoi réveiller les professionnels. « En l’état », bois, acide polylactique (PLA), porcelaine, céramique ou tissu seront interdits en 2030. « Le bois, on essaie de le sauver », tempère Vincent Colard. Si les analyses de cycle de vie (ACV) sont favorables pour ce matériau biosourcé, le gisement de 3000 tonnes est toutefois très faible… Que va faire TotalEnergies Corbion qui veut reconvertir sa raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne) dans le PLA ? Telle est la question. A la maison ou en unité industrielle, le compostage des emballages n’est pas considéré une filière de recyclage ou de valorisation. Dans le cas des plastiques, le paysage est très contrasté. Devenu opérateur du tri - les experts connaissent la différence entre REP opérationnelle et financière - depuis mars 2022, Citeo prend le dossier à bras le corps dès janvier 2023 en tant que « propriétaire des tonnes à recycler ». Comme les lecteurs d’Emballages Magazine le savent désormais, le polystyrène (PS) rigide des produits laitiers a pris le virage du recyclage. Tout comme sont dans le tuyau les polyéthylène téréphtalate (PET), polyéthylène (PE) et polypropylène (PP). Pendant neuf ans, Citeo, grâce à ses trois centres de surtri des plastiques, va massifier les flux pour alimenter régulièrement les recycleurs - en mécanique ou chimique - qui peuvent ainsi aller voir sereinement « banquiers et investisseurs » pour créer les usines « avant 2025 ». La sélection des opérateurs est en cours. Bouclage de l’appel d’offre avant la fin de l’année.

Merveille de sémantique

Pour les pots et barquettes en PET coloré, les incertitudes restent de mise. Tout comme pour les souples en PET ou en PS - les intercalaires des barquettes de jambon - ainsi que l’acrylonitrile butadiène styrène (ABS). Au chapitre des injonctions contradictoires, la loi impose, pour les fruits et légumes, des sachets compostables qu’il est pourtant interdit de… composter. Ils ne rentrent pas dans l’exception des sacs pour les biodéchets conçus pour les déchets organiques ! Le cas des « polymères naturels non plastiques au sens de SUP » est une merveille de sémantique : « la cellophane est interdite en 2030 alors que tout le monde bascule en ce moment », pointe Vincent Colard qui pense notamment aux fruits et légumes interdits de plastique. En fonction des solutions retenues, les papiers et cartons « fonctionnalisés » sont concernés. Au-delà de ces grandes lignes, les choix des grades de polyamides (PA), des barrières, des orientations, des couchages et autres laminations débouchent sur des cas particuliers. Auxquels s’additionnent les différents opercules et manchons de bouteilles. Mais « il n’y a pas d’enjeu » sur les quantités d’éthylène vinyle alcool (Evoh)…  

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Taux de retour effectifs

S'ajoutent à ce panorama les objectifs très ambitieux en termes de remploi en 2040. Pour mieux prévoir le recyclage des emballages réemployables arrivés en fin de vie. Il faut naturellement intégrer les retours effectifs. Avec un taux de 30%, plutôt optimiste actuellement, 70% des emballages réputés réemployables sont, dans les faits, à usage unique. « C’est trop de perte pour parler de réemploi », résume Vincent Colard. Retour à la case des matériaux sans filière de recyclage ? En Inox, les barquettes de Berny ne sont détectées ni par les aimants ni par les courants de Foucault des centres qui trient les emballages métalliques.

Retrouvez l'intégralité de l'intervention de Vincent Colard

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