« Le Green Impact Index fait entrer l’entreprise dans la transition écologique par le produit », selon Séverine Roullet Furnemont (Pierre Fabre)

D’abord conçu comme un outil interne, le Green Impact Index, créé par le groupe Pierre Fabre, regroupe désormais 25 acteurs de l’industrie cosmétique au sein d’un consortium. Bientôt certifié par l’Afnor, il deviendra un outil d’affichage environnemental et social des produits de beauté à destination des consommateurs.

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Séverine Roulet Furnemont Directrice Développement Durable Green Mission Pierre Fabre
Séverine Roullet-Furnemont est la directrice développement durable Green Mission au sein du groupe Pierre Fabre.

Emballages Magazine : Qu’est-ce que le Green Impact Index ?

Séverine Roullet-Furnemont : Le Green Impact Index est né chez Pierre Fabre à partir de problèmes méthodologiques et d’expérience en interne. Les cahiers des charges étaient précis, mais les différents métiers, marketing, conception et autres, ne se comprenaient pas toujours. Biodiversité, carbone, écoconçu… Il y avait un besoin de réobjectiver et d’harmoniser les choses avec des critères compris par tout le monde.

Ce Green Impact Index, est élaboré de façon à avoir une grille de lecture au moment de la conception du produit, comme un cahier des charges, où l’on viendrait cocher le plus de cases possible. Chez Pierre Fabre, plus aucun projet n’est accepté s’il n’est pas noté A ou B. Aujourd’hui, le Green Impact Index, c’est vingt critères, quatorze environnementaux et six sociétaux, qui analysent aussi bien la formule du produit que son emballage.  

En ce qui concerne la partie emballage, quels sont les critères ?

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Quand nous avons créé la partie packaging du Green Impact Index, nous sommes partis des critères classiques de l’analyse de cycle de vie (ACV) : carbone, eau, eutrophisation de l’eau et acidification. Nous y avons ajouté des critères additionnels, notamment l’intégration de matériaux recyclés, la recyclabilité de l’emballage et le rapport poids-volume. Aujourd’hui, des lois nous obligent à le faire, mais quand nous avons lancé le projet, c’était très volontariste de notre part. L’outil fait entrer l’entreprise dans la transition écologique, mais par le produit.

« Nous sommes désormais 25 autour de la table : des fournisseurs de matières premières, des fédérations professionnelles, des universitaires... »

Nous nous sommes un peu éloignés d’une vision uniquement ACV, soit parce que nous avions de vraies difficultés méthodologiques dans certaines parties du produit. Soit parce que ce n’était pas assez transformatif par rapport aux attentes de la société. J’aime citer cet exemple de la nigelle de France. C’est une plante protégée, qui est réapparue en bordure de nos champs quand nous sommes passés en bio il y a quinze ans. Cela, un algorithme ne peut pas le mesurer. Les critères de biodiversité ne rentrent pas dans les outils informatiques. Ce sont des enjeux qui ont besoin de critères additionnels, des critères qualitatifs.

Le Green Impact Index est donc une sorte de Nutri-Score pour les produits cosmétiques ?

Nous avons l’habitude de le présenter comme cela, car nous avons pris le même code graphique. Les consommateurs ont été intégrés dès le départ, car nous avons vu l’opportunité de transformer cet outil interne en un outil capable d’apporter de l’information aux consommateurs. Pour cela, nous leur avons demandé quelles informations RSE ils avaient envie de connaître à propos des produits. Nous avons fait un effort de pédagogie et de transparence.

Logo green impact indexPierre Fabre
Logo green impact index Logo green impact index

Aujourd’hui, où en est cet outil ?

Au départ, il n’était pas prévu d’en faire un affichage environnemental, c’était pour objectiver la conception au sein de Pierre Fabre. Mais, il est ressorti que les consommateurs ne comprenaient pas ce qui se cachait derrière nos produits. Nous avons donc décidé de transformer cette méthode interne d’écoconception en affichage pour les consommateurs.

Nous l’avons lancé publiquement il y a un et demi. Depuis, d’autres entreprises se sont manifestées auprès de nous, comme le groupe Rocher, Léa nature, Arkopharma. Et aussi Technicoflor, producteur de parfums. Nous avons travaillé avec ce groupe entre janvier et juin 2022.

Nous avons ensuite cherché une caution extérieure pour nous lancer dans un processus normatif et pour l’élargir à d’autres sociétés de tailles différentes. Car, un reproche peut nous être fait : « Méthode d’industriel composée de critères qui nous arrangent »… L’Afnor a audité la pertinence et la robustesse de la méthode et aussi la véracité de mise en œuvre qui prouve que nous avons bien les éléments de preuve derrière les critères de notation. Les travaux ont démarré en septembre 2022. Nous sommes 25 autour de la table : des fournisseurs de matières premières, des fédérations professionnelles, des universitaires des experts, des bureaux d’études et des fabricants aussi bien de cosmétiques que de compléments alimentaires.

La conclusion des travaux du groupe de travail arrivera avant l’été. Cela sera publié par l’Afnor. Pour l’instant, nous sommes sur la méthode. Il nous reste encore toute la gouvernance d’utilisation à définir.

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