A Farnborough, BAE Systems joue à domicile et affiche ses ambitions. Dès la première journée du salon, le 18 juillet, l’avionneur britannique a précisé son calendrier pour faire voler un premier démonstrateur d’avion de combat de nouvelle génération dès 2027. Lancé en 2018 sous leadership britannique, ce programme baptisé Tempest réunit la Suède, l’Italie et intéresse le Japon. A l’occasion du salon aéronautique, Ben Wallace, le ministre de la Défense du Royaume-Uni, s’est félicité de la collaboration en cours avec ses partenaires. «Notre travail avec le Japon et l'Italie sur des technologies de pointe comme celle-ci montre l'avantage de nos alliances à travers le monde».
Ce programme est un concurrent direct du programme de système de combat aérien du futur, le SCAF, financé par l’Allemagne, l’Espagne et la France.
L’étape du démonstrateur est cruciale et doit être l’occasion de tester de nouvelles technologies de rupture notamment en matière de motorisation (sous leadership de Rolls-Royce), de communications et de furtivité. Les partenaires tablent sur une entrée en service d’une version pleinement opérationnelle de l’appareil en 2035. Soit avec cinq ans d’avance sur son concurrent franco-allemand, le SCAF.
Comment comprendre l’avancée rapide du programme Tempest alors que le programme franco-allemand patine toujours suite aux différends qui opposent les deux chefs de file industriels Airbus et Dassault Aviation ?

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une gouvernance industrielle plus claire
Clairement sous leadership britannique, la gouvernance du programme Tempest paraît bien plus claire et affirmée. Pour rappel, le programme est basé depuis l’origine en 2018 sur la vision stratégique du Royaume-Uni en matière d’aviation de combat du futur. Le champion industriel local en matière d’aéronautique militaire, BAE Systems, se présente sans ambiguïté comme le chef de la « Tempest Team ». «Les ingénieurs de BAE Systems basés dans le nord de l'Angleterre dirigent le processus de conception, de test, d'évaluation et de construction, rassemblant de nouvelles technologies d'ingénierie numérique telles que la modélisation synthétique et l'ingénierie des systèmes basée sur des modèles», indique le communiqué de l’avionneur diffusé à l’occasion du salon. D’ailleurs le démonstrateur sera conçu et développé au Royaume-Uni. Par ailleurs, ceux sont bien les filiales anglaises de Leonardo et du fabricant de missiles MBDA qui participeront à ce programme.
L’union affichée par les industriels de la Tempest Team (BAE Systems, Saab Leonardo, MBDA, Rolls-Royce) sur le salon contraste avec le désaccord persistant entre Dassault Aviation et Airbus, les deux leaders du programme franco-allemand SCAF. Au point que le constructeur du Rafale a maintes fois évoqué l’hypothèse d’un plan B en cas d'échec de leurs négociations. Son PDG, Eric Trappier, reconnaissait en juin dernier une divergence de fond quant à la conception de la coopération par les deux groupes. «On bute sur la phase 1B [qui vise à définir l’architecture d’un démonstrateur avion suivant les études opérationnelles, ndlr] après avoir bien discuté du partage des tâches. Il y a un désaccord sur la nature même de la coopération ».
Au contraire de cette dynamique, le programme Tempest séduit de nouveaux partenaires et serait prêt à envisager des synergies avec le programme japonais similaire F-X. En décembre 2021, le Japon et le Royaume-Uni avaient signé un accord de coopération concernant les technologies d’avion de combat. A Farnborough, un pas significatif vient d’être réalisé dans cette direction : Léonardo et Mitsubishi Electric ont annoncé sur le salon qu’ils allaient co-développer un radar électronique commun pour les deux programmes.



