Dans le prolongement du dossier de l’Usine Nouvelle et de l’édito d’Emmanuel Duteil, Emballages Magazine propose une grille d’analyse des conséquences des annonces de Donald Trump relatives aux droits de douane supposés « réciproques ». Le mercredi 2 avril, le président des États-Unis a proclamé unilatéralement un droit de douane plancher de 10% sur toutes les importations, porté à 20% pour l’Union européenne et à 34% pour la Chine.
Largement imprévisibles, les conséquences sont à imaginer dans tous les compartiments de cette filière sous la forme d'un effet domino stochastique. « Une catastrophe pour le monde économique », selon François Bayrou, Premier ministre. Président de la République, Emmanuel Macron appelle d'ores et déjà les industriels français à suspendre leurs investissements aux États-Unis
La localisation du conditionnement
Utilisés par l'intégralité des acteurs économiques, les emballages servent à conditionner des produits, finis ou intermédiaires, qui peuvent ensuite voyager dans le monde entier. Les droits de douane bouleversent directement les industries manufacturières. Dans la mesure où y convergent tous les flux logistiques des différents biens à assembler, les matières premières comme les emballages, le site de conditionnement est à la merci d’une démultiplication des goulots d’étranglement. Lors des confinements en 2020, les industriels avaient été autorisés à amender la liste des ingrédients pour pailler des pénuries momentanées. Sans garantie de résultat, en prenant en compte les délais incompressibles de mise en œuvre, la tentation serait alors de délocaliser les sites de fabrication et, partant, de conditionnement pour éviter ces droits. C’est l’objectif premier de la stratégie officielle de Donald Trump.
L’accès aux matières premières
Les industries de l’emballage et du conditionnement exploitent tous les matériaux. Vierges ou recyclées, les matières premières répondent à des logiques de marché très spécifiques : les papiers et cartons à recycler (PCR) relèvent ainsi de cours mondiaux tout comme la Northern Bleached Softwood Kraft (NBSK). Faisant déjà l'objet de taxes, l’acier et l’aluminium sont d’ores et déjà chahutés par les incertitudes économiques. Structurée autour des trois pôles que sont l’Asie, l’Europe et les Amériques avec le Moyen-Orient en arbitre, la plasturgie doit composer avec le destin incertain de la pétrochimie et une industrie répartie entre « spots » de commodité et de spécialité. Structuré autour de boucles de recyclage et de verreries locales, le verre est, en revanche, très dépendant des cours de l’énergie. Le bois échappe pour le moment au tsunami.

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Février 2026
Indices des prix internationaux des matières premières importées - Pâte à papier - En eurosBase 100 en 2010
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Mars 2026
Vieux papiers, sortes ordinaires - Moyenne France-Export - 1.05 Ondulés récupérés (ex A5)Variation en €/tonne
La transformation des emballages
Dans la novlangue de l’économie moderne, le terme « glocal » désigne une industrie à la fois mondiale et locale. L’emballage est un véritable cas d’école en la matière. Deux grandes strates sont à prendre en compte. Les technologies dites form-fill-seal (FFS) font appel à des semi-produits — bobines, plaques, préformes… — qui peuvent voyager sur des distances plus grandes que les emballages préformés. Il est d’usage d’éviter de transporter des emballages vides sur de longues distances. C’est pourquoi les fabricants de taille mondiale maillent la planète avec des sites de production locaux ou des « hubs » géographiques. Le trading porte souvent sur des petits objets légers ainsi que les composants et accessoires.
Des équipementiers sous le choc
Très spécialisés sur le principe des niches mondiales, les équipementiers interviennent dans la transformation des matériaux ainsi que dans les machines de conditionnement, équipements et périphériques. Ces deux spécialités sont largement mondialisées. L'inquiétude est manifeste depuis plusieurs semaines.



