Le carburant solaire de la deeptech Synhelion passe au pilote industriel

La start-up allemande Synhelion démarre ce 6 septembre la construction d’un pilote industriel de sa technologie de production de carburant de synthèse à partir d’énergie solaire, de CO2, d’eau et de méthane. En ligne de mire : la décarbonation du trafic aérien.

Réservé aux abonnés
Image d'illustration de l'article
Synhelion produit du gaz de synthèse solaire à l'échelle industrielle pour la première fois au monde sur la tour solaire multifocus DLR.

Un premier pas vers l’échelle industrielle pour les carburants solaires ? La start-up Synhelion pose la première pierre ce mardi 6 septembre en Allemagne de son usine pilote de production de carburant solaire. Prévue pour être opérationnelle en 2023, celle-ci a une capacité de production théorique de l'ordre de 150 000 litres de carburant pour avion par an – de quoi faire le plein de 3 ou 4 Airbus A321XLR - à partir de soleil, de CO2, d’eau et de méthane.

« Cette usine doit montrer que notre technologie fonctionne à l'échelle industrielle, que l'on peut produire et utiliser notre carburant et qu'il aide à réduire le bilan carbone du transport aérien », résume Carmen Murer, responsable de la communication chez Synhelion. 

Oxydo-réduction catalytique à très haute température

Issue de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich, la start-up développe une technologie au principe séduisant : des miroirs concentrent la chaleur du soleil dans un réacteur où une réaction d’oxydo-réduction catalytique à très haute température produit du gaz de synthèse à partir de CO2, d’eau et, désormais, de méthane. Ce syngaz, un mélange de monoxyde de carbone et d’hydrogène, peut être ensuite transformé en carburant par la réaction classique de Fischer-Tropsch.

Une première version de la technologie, testée dès 2016 à Madrid dans le cadre du projet européen Sun-to-Liquid, utilisait un réacteur tapissé de dioxyde de cérium fonctionnant à 1500°C pour produire le gaz de synthèse à partir d’eau et de CO2 uniquement. Mais le faible rendement observé - 4% - a conduit la start-up à modifier son procédé pour des tests ultérieurs en Allemagne.

Rendement attendu de 30% en ajoutant du méthane

« Nous avons fait évoluer notre processus et utilisé du méthane en plus du CO2 et de l'eau », précise Carmen Murer. Avantage : la réaction se contente d’une température de 1 000 °C et le rendement atteint jusqu'à 30 %. Inconvénient : l’usage de méthane limite considérablement la réduction des émissions de CO2 associée à l’usage de ce carburant solaire par rapport au kérosène d’origine fossile. Mais le gain sur tout le cycle de vie reste majeur, selon la start-up : « Nous n'avons pas encore les chiffres précis, mais nous tablons sur une réduction des émissions de CO2 d’au moins 70 %, et nous espérons plus. »

Synhelion affiche des ambitions de taille pour sa technologie : une première usine est prévue dans le sud de l’Europe, là où le Soleil brille, d’ici à 2025, et la start-up veut satisfaire la moitié des besoins de la Suisse en carburant aéronautique d’ici à 2030. A l’horizon 2040, c’est la moitié de la consommation européenne, soit 50 milliards de litres de carburant par an, que veut produire Synhelion.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
94 - Ivry-sur-Seine
Date de réponse 30/04/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs