Le bisphénol A présente bien un risque sanitaire, selon l'Efsa

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a procédé à une nouvelle évaluation de la dangerosité du bisphénol A (BPA) dans l’alimentation.

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BPA / résines époxy
Le BPA est présent dans le polycarbonate et dans les vernis intérieurs de certains contenants métalliques. Il est interdit en France dans les emballages alimentaires.

L'exposition alimentaire au bisphénol A (BPA) est un problème de santé pour les consommateurs de toutes les tranches d'âge, viennent de conclure les experts scientifiques de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) dans une nouvelle évaluation des risques présentés par la substance chimique. Ils ont identifié des effets potentiellement nocifs sur le système immunitaire. Il incombe désormais à la Commission européenne et aux autorités nationales d’examiner les mesures réglementaires appropriées pour donner suite à cet avis.

Risque d’inflammation pulmonaire

Le BPA est principalement utilisé en association avec d’autres substances pour la fabrication de certains plastiques et résines. Présent dans le polycarbonate, il se retrouve aussi dans les vernis intérieurs de certains contenants métalliques. Identifié depuis 2017 comme un perturbateur endocrinien par l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) – à ce titre, son utilisation est interdite en France dans les emballages alimentaires –, il manquait une évaluation large des risques sanitaires. Sur la base de nouvelles preuves scientifiques, dont près de 800 nouvelles études publiées depuis janvier 2013, le groupe d'experts de l'Efsa sur les matériaux en contact avec les aliments, les enzymes et les auxiliaires technologiques (panel CEP) a observé « une augmentation du pourcentage d’un certain type de globules blancs, appelés T helper, dans la rate ». Alors qu’ils jouent un rôle clé dans les mécanismes immunitaires, cette hausse « pourrait conduire au développement d’une inflammation pulmonaire allergique et de maladies auto-immunes », soulignent les scientifiques. Ils notent également des « effets potentiellement nocifs sur les systèmes reproducteur, développemental et métabolique ».

Une DJT 20 000 fois moindre

Par rapport à la précédente évaluation de 2015, le panel d’experts a significativement abaissé la dose journalière tolérable (DJT) pour le BPA, c’est-à-dire la quantité qui peut être ingérée quotidiennement tout au long de la vie sans présenter de risque appréciable pour la santé. Les scientifiques ont fixé une DJT de 0,2 nanogramme (soit 0,2 milliardième de gramme) par kilo de poids corporel par jour, remplaçant la limite temporaire précédente de 4 microgrammes (4 millionièmes de gramme) par kilo de poids corporel par jour. La nouvelle DJT est donc quelque 20 000 fois moins élevée que la précédente. Loin tout de même d'un projet de réévaluation présenté par ces mêmes experts, fin 2021, qui proposait une division par 100 000 de cette DJT en l'abaissant à 0,04 nanogramme par kilo de poids corporel par jour !

La Commission européenne et les États membres sont désormais chargés d'établir les quantités limites de la substance susceptibles de migrer des emballages alimentaires vers les aliments pour protéger les consommateurs.

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