Il n’y aura pas de ministre de l’Économie circulaire : le souhait des quelque 60 signataires de la tribune publiée par le quotidien Le Monde au mois de septembre n’a pas été entendu. Le Premier ministre Michel Barnier, auréolé de son intérêt précoce pour la protection de l'environnement, ayant dévoilé la composition de son gouvernement le 21 septembre, Christophe Béchu et Agnès Pannier-Runacher ont assuré la passation de pouvoir à l’hôtel de Roquelaure le lundi 23. « Remplacé par trois personnes », Christophe Béchu était ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires ; un temps ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher devient au débotté ministre de la Transition écologique, de l’Énergie, du Climat et de la Prévention des risques. La biodiversité ayant disparu dans les intitulés, le périmètre, malgré le retour du portefeuille de l'énergie, apparaît comme nettement restreint, le logement, les transports, la mer, la forêt et les collectivités territoriales changeant de mains.
En matière de grande consommation, Christophe Béchu cite notamment le déploiement du réemploi des emballages comme un acquis de son bilan ; Agnès Pannier-Runacher devrait reprendre cet axe en toute logique. Compte tenu de l‘actualité immédiate, la question des plastiques – totalement absente des discours – devrait néanmoins figurer en bonne place. Pourrait également figurer en haut de la pile la réforme du principe de la responsabilité élargie du producteur (REP) voulue par Élisabeth Borne juste avant son départ de Matignon. La manne qui échappe aux pouvoirs publics est évaluée à 7 milliards d’euros : une somme considérable en période d’arbitrages budgétaires tendus. Les urgences sont néanmoins très nombreuses avec la stratégie nationale bas carbone (SNBC), la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), la stratégie française pour l'énergie et le climat (Sfec) et le Plan national d’adaptation au changement climatique (Pnacc). Avec le nucléaire en tête de gondole, la transition énergétique pourrait prendre le pas sur la transition écologique.
Fin du monde et fin du mois
Pour ne pas opposer « fin du monde et fin du mois » souligne Christophe Béchu, « il ne faut pas laisser croire que l'écologie est un sujet de riches » pour parvenir à « une écologie populaire » et « au service du quotidien des Français », car la transition écologique est « une priorité absolue », assure Agnès Pannier-Runacher qui a rendu « un hommage appuyé » à son prédécesseur. En évoquant « un ministère du nécessaire » et non « de l’impossible », Christophe Béchu prévient : l’écologie « a besoin de gens qui font » et non de « prophètes », de « gourous » ou de « donneurs de leçons ». Au huitième rang protocolaire, Agnès Pannier-Runacher entend porter « une voix exigeante » au sein du gouvernement. Quant au rôle du Secrétariat général à la planification écologique (SGPE) qui relève toujours de Matignon, il suscite des interrogations… Antoine Pellion, son secrétaire général, n’est plus membre du cabinet de Michel Barnier. Il a été remplacé par Vincent Le Biez. Le nouveau chef de pôle et conseiller pour l’environnement arrive de la Délégation interministérielle au nouveau nucléaire (DINN). Des atomes crochus avec Agnès Pannier-Runacher ?



