La transition des plastiques à l’aune de la compétitivité

Plastics Europe a tracé pour la seule année 2025 une feuille de route semée d’embûches pour les Européens.

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Granulés de plastique recyclé
La France et l'Union européenne doivent s'accorder sur la définition des granulés en... 2025.

Pour son point de rentrée, Plastics Europe a livré une analyse des enjeux de la plasturgie centrée sur une seule année : 2025. Représentée en France par Jean-Yves Daclin, l'association européenne des producteurs de matières plastique prend ainsi acte que la feuille de route est très dense et semée d’embûches à court terme. La « bonne nouvelle » des 500 millions de subventions accordées au recyclage chimique appréciée à sa juste valeur, trois chantiers sont à l’ordre du jour : la compétitivité ; les transitions écologique et énergétique ; la pollution.

Et c’est bien la compétitivité de la plasturgie européenne qui arrive en tête des inquiétudes. À voir le destin contrarié de la chimie, il y a de quoi ! Le décrochage du Vieux Continent se poursuit inexorablement avec une part de marché mondiale qui a chuté de 22% à 12% entre 2006 et 2023 pour une production qui reste stable à 50 millions de tonnes. Les investissements se font donc ailleurs dans le monde, tandis que vieillit le parc installé en Europe… La « boussole de compétitivité », assortie de la nécessaire « simplification administrative », présentée en février 2025 par Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, est donc « une réaction salutaire ». À surveiller dans l’immédiat : entre commodités et spécialités, l’avenir des vapocraqueurs européens, avec le prix de l’énergie en arbitre.

Polymères recyclés

Si les sujets liés aux transitions énergétique et écologique sont nombreux, le décret sur les bonus et malus applicables aux polymères recyclés est en tête des priorités pour la France. Les pouvoirs publics devraient rapidement rendre leur copie sur cette disposition de la loi Antigaspillage pour une économie circulaire (Agec). Deux marchés sont directement concernés : l’emballage et l’automobile. D'où proviennent actuellement les matières recyclées ? La Chine est en passe de devenir un fournisseur majeur. À suivre de près également du côté du règlement sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) et la directive relative aux produits en plastique à usage unique (SUP), le sort réservé au bilan massique ou « mass balance ». Se pose, à cet égard, la question de la pertinence de la boucle fermée comme obligation. Dupliquer le modèle très spécifique du polyéthylène téréphtalate (PET) des bouteilles à des flux plus petits de polypropylène (PP) ou de polystyrène (PS) n’est pas forcément une bonne idée.

Pollution de l’océan

Au chapitre de la lutte contre la pollution des océans, trois rendez-vous restent à venir. Pour pouvoir articuler les positions de la France et de l’Union européenne qui finalise son règlement sur les pertes et fuites de granulés, il faudrait déjà une définition claire de ces… granulés. La réponse passe ensuite par un système d’emballages primaires, secondaires et tertiaires bien conçu. Par ailleurs, alors que, sous l’égide de l’Organisation des Nations unies (ONU), le cinquième et dernier comité intergouvernemental de négociation (INC-5) du traité international sur la pollution plastique de Busan en Corée du Sud n’est pas parvenu à un accord des parties prenantes en 2024, une session de rattrapage (INC-5.2) devrait voir le jour en 2025. Les modalités restent encore à définir. La France aurait-elle une carte à jouer avec la troisième conférence des Nations unies sur l'Océan 2025 (Unoc-3) qui se tient à Nice du 4 au 6 juin 2025 ? À voir…

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