La startup Wattalps veut industrialiser ses batteries à refroidissement par immersion

La startup française Wattalps veut industrialiser la production de ses batteries refroidies par immersion dès l'an prochain. Pour cela, elle compte lever 5,1 millions d’euros supplémentaires d’ici fin 2022.

Wattalps
La startup Wattalps exploite une technologie du CEA qui consiste à refroidir les cellules des batteries en les immergeant directement dans un fluide.

Plus rien ne la refroidit ! La startup industrielle Wattalps, dotée d’une technologie innovante de refroidissement par immersion développée au CEA, vient de recevoir 1,1 million d’euros de la Commission européenne (via l’EIC Fund). Et compte lever 5,1 millions d’euros supplémentaires d’ici à la fin de l’année pour passer à l’échelle. Wattalps assemble des packs batteries Lithium-ion  de 10 à 230 kWh refroidis par immersion.

« Nous sommes en train de sortir la troisième génération (TRL 8) de nos batteries à refroidissement à immersion et souhaitons lancer la production, indique Matthieu Desbois-Renaudin, président co-fondateur de Wattalps. Nous avons développé un premier prototype à échelle 1 en 2018 (première génération) pour un 4x4 et une petite pelleteuse. Puis nous avons installé la deuxième génération (TRL 6) sur plusieurs engins de construction après avoir remporté le concours EIC Accelerator en 2020 », précise-t-il. La capacité de production de leur usine, située à Moirans (Isère), atteint les 2000 batteries de mini-pelles annuelles. « Nous pensons arriver à saturation d’ici à 2024-2025 », commente M. Desbois-Renaudin.

Immersion directe dans un fluide

L’innovant système de refroidissement développé par Wattalps repose sur un fluide – « une sorte d’huile », définit le co-fondateur – dans laquelle sont immergées les cellules de batteries qui composent le pack. « Contrairement à la technologie concurrente – le refroidissement par eau –, nous n’avons pas besoin de mettre en place un circuit séparé des cellules pour éviter les court-circuits) », explique le spécialiste.

D’après le porte-parole de Wattalps, l’immersion directe des cellules dans le fluide permet à la fois d’économiser le nombre de composants (et donc gagner de la place) et d’améliorer l’efficacité du système. « Si vous avez un circuit d’eau, il est forcément isolé de la batterie, vous refroidissez donc moins bien », détaille-t-il. Résultat, selon la startup : les batteries à refroidissement par immersion Wattalps gagnent 80 % d’autonomie par rapport aux batteries dépourvues de refroidissement. Et de 20 à 30 % par rapport aux batteries refroidies par eau.

Engins de construction

Cette autonomie renforcée est particulièrement appréciée dans le secteur de la construction, où les engins (mini-pelles et pelles, chariots télescopiques, chargeuses, etc.) sont utilisées jusqu’à 8h par jour. « Et dans toutes les conditions météo ! insiste M. Desbois-Renaudin. Nous permettons aussi la charge rapide. »

Ce type de refroidissement a demandé aux équipes de la startup de revoir la conception du boîtier de la batterie, de s’assurer de son étanchéité de l’intérieur et de l’extérieur. « Nous avons développé des brevets sur la question de l’étanchéité », avance le président co-fondateur de Wattalps. Un système de gestion de la batterie (Battery Management System, BMS) spécifique a également été développé par Wattalps.

La concurrence se renforce dans le domaine du refroidissement par immersion, avec notamment la société taïwanaise Xing Mobility, la sino-américaine Microvast ou encore l’Américaine Faraday Future. « Garder de l’avance d’un point de vue technologique par rapport à nos concurrents, c’est aussi l’un des enjeux de la levée de fonds de la fin de l’année », conclut Matthieu Desbois-Renaudin.

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