Avec son apparence rappelant les appendices des meilleurs monstres de série B, toutes ventouses dehors, ce préhenseur robotique ne passe pas inaperçu. Mis au point par des chercheurs de l’institut américain Wyss, spécialisé dans l’ingénierie bio-inspirée, et de l’école de sciences appliquées John A. Paulson (SEAS), en collaboration avec l’université de Beihang, en Chine, il reprend le principe des tentacules de la pieuvre afin d’effectuer des manipulations d’habitude hors de portée des robots traditionnels.
Pression pneumatique et aspiration
Plat ou en volume, lisse ou rugueux, aucun objet n’échappe à l’emprise de ce dispositif, qui a été mis en lumière, fin février, à l’occasion d’une parution dans la revue « Soft Robotics ». L’équipe a réussi à reproduire le mouvement de flexion du tentacule et la capacité de succion des ventouses pour améliorer la dextérité de l’ensemble. Le système s’appuie sur deux actions : une pression pneumatique dans le corps de forme conique, qui lui permet de s’enrouler sur lui-même, et une aspiration le long d’un canal reliant les ventouses pour adhérer aux objets.
Combiner force et flexibilité
Les chercheurs ont commencé par créer plusieurs prototypes de cônes. Réalisés en silicone, leurs moules ont été imprimés en 3D. Objectif : évaluer différentes formes coniques, aux pointes comprises entre 3° et 13,5°, pour permettre à l’ensemble de se courber tout en conservant une certaine force de flexion. Les ventouses ont ensuite été conçues en s’inspirant de la géométrie de celles des octopodes. Elles sont de tailles décroissantes sur le préhenseur et s’adaptent à n’importe quelle surface, même courbe. Après des essais avec différents objets, les chercheurs ont retenu deux angles de cône, l’un de 4,5° , l’autre de 9°.
Grande diversité d'objets saisis
Montés sur un dispositif pouvant être tenu à la main, ces deux prototypes peuvent saisir correctement une très grande diversité d’objets – une éprouvette (20 mm de diamètre), une tasse (70 mm), une balle de yoga (750 mm). S’ils restent limités à certaines applications, ils représentent une avancée dans la mise au point de préhenseurs sans structures rigides, Graal de la robotique molle qui pourrait trouver des débouchés dans la robotique collaborative.



