"Nous pouvons réparer la Perle, et nous allons la réparer ". A travers une courte allocution prononcée le 22 octobre destinée en priorité aux marins, la ministre des armées Florence Parly a tranché sur le scénario de retour à la mer de l’un de ses six sous-marins d’attaque nucléaires (SNA).
Ce navire de la classe des Rubis avait subi le 12 juin 2020 de graves dégâts suite à un incendie qui s’était déclaré dans sa partie avant alors qu’il était en réparation dans un bassin de la base navale de Toulon (Var).
La réparation promet d'être spectaculaire. La ministre en a détaillé les grandes étapes et le calendrier. La partie avant de la Perle, considérée comme trop endommagée, sera découpée et démantelée. A ce niveau, l’acier de la coque a subi lors de l’incendie des températures de l’ordre de 600°C et ses performances mécaniques ont été trop altérées pour envisager un retour à la mer en profondeur de manière sécurisée.
Une succession d'étapes de découpe et de soudure

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La partie arrière du sous-marin où sont installés la chaudière nucléaire et le système de propulsion (ces systèmes étaient absents au moment de l’incendie car le sous-marin avait été préalablement vidé de tous ses équipements pour subir une opération de maintenance à quai, ndlr) est intacte.
Cette partie arrière sera alors jonctionnée avec la partie avant du Saphir, un sous-marin identique. Sorti du service il y a un an, ce dernier était en cours de démontage à Cherbourg (Manche). Des analyses ont montré que sa coque était compatible avec des cycles de plongée pendant 10 ans encore moyennant quelques réparations.
"Le jonctionnement des deux parties de sous-marins, c’est la partie la plus spectaculaire", concède-t-on dans l’entourage de la ministre. Toutefois, c’est un savoir-faire maîtrisé par les soudeurs de Naval Groupe qui procèdent à 10 à 15 opérations de ce type par an pour la l’assemblage des sous-marins. "Naval Group a déjà par le passé réalisé ce type d’opérations complexes. Il s’agit d’une succession de tâches de découpe, de soudures et de raccordement déjà réalisées par les équipes de Naval Group et de ses partenaires", a précisé l’industriel suite à l’intervention de la ministre. Les aspects de sécurité nucléaire du nouveau navire ont été vus avec l’Autorité de sécurité nucléaire française.
200 câbles à jonctionner
A l’intérieur du bâtiment, les réparations consisteront essentiellement à rabouter entre les deux tronçons près de 130 câbles électriques, et 70 tuyaux nécessaires au transport de l’huile et l’eau. La simulation numérique a permis de s’assurer de la faisabilité de cette opération sensible.
"Ce chantier mobilisera près de 300 personnes pendant six mois", a précisé Florence Parly. Les choses sérieuses commenceront dans les semaines qui viennent. Un navire semi submersible néerlandais sera chargé de transporter la Perle entre Toulon et Cherboug d’ici la fin de l’année. Sur place, le raboutage des deux sections de sous-marins est prévu pour juin. La Perle devrait revenir à son port d’attache à Toulon pour enfin bénéficier de l’opération de maintenance qui avait été interrompue par l’incendie. Le SNA sera alors remis en service d’ici la fin du premier semestre 2023. Pour pallier l’absence de la Perle, un autre navire identique, le Rubis, va subir une opération d’entretien afin de pouvoir allonger sa durée de vie.
50 millions d'euros à la charge de Naval Group
Le sauvetage de la Perle doit permettre à la France de conserver intact son dispositif de sous-marins nucléaires d’attaque. "Si l’objectif est bien de récupérer la Perle, la priorité est de rendre à notre pays la capacité opérationnelle en assurant la sécurité des sous-mariniers qui partiront en mission à bord", a rappelé Florence Parly. Sur la flotte des 6 SNA, trois doivent être en effet disponibles en permanence pour partir en mission tandis que les trois autres sont respectivement en maintenance longue (18 mois d’indisponibilité), en maintenance réduite (3 mois) ou réservé aux équipages pour des opérations d’entrainement.
Le coût global du chantier est estimé à 120 millions d’euros. 70 millions seront prélevés sur le budget des armées et 50 millions seront versés par la police d’assurance de Naval Group, industriel responsable du chantier de maintenance quand est survenu l’incendie.



