Alors qu’elle a raté le virage des drones aériens militaires, la France ne veut pas louper celui des drones sous-marins. D’autant plus que le plancher océanique serait un nouveau terrain de conflictualité suscitant les convoitises, comme le cyberespace ou l’exo-atmosphère. « Les fonds marins sont un nouveau terrain de rapports de force qu’il nous faut maîtriser pour être prêts à agir, à se défendre et, le cas échéant, à prendre l’initiative ou du moins à répliquer », estime Florence Parly, la ministre des Armées. La France va acquérir des drones de surveillance AUV (véhicules sous-marins autonomes) et des robots ROV (véhicules sous-marins opérés à distance) capables de plonger à 6 000 mètres pour assurer des missions de reconnaissance, de surveillance et d’actions en grande profondeur.
Gamme souveraine dès 2025
L’objectif est de mieux protéger des infrastructures essentielles pour le pays, comme les installations des sous-marins de la force de dissuasion, mais aussi les nombreux câbles subaquatiques de télécommunications supportant l’essentiel du trafic internet mondial, ainsi que des infrastructures de transport d’énergie qui alimentent la métropole et l’outre-mer. En l’absence d’offres de la part d’industriels français, les armées vont acquérir des drones et des robots auprès de fournisseurs étrangers pour être opérationnelles dès 2023. L’objectif reste toutefois de développer une gamme souveraine disponible dès 2025 en soutenant les industriels tricolores. Des acteurs comme Naval Group, Thales et le groupe ECA devraient être en première ligne de ce défi industriel. En octobre, Naval Group a présenté un démonstrateur de drone sous-marin océanique capable d’embarquer des armements et de naviguer en autonomie.

Vous lisez un article du magazine 3705 d'avril 2022



