Trois ! Les annonces étant pour le moment confirmées, la France cumule désormais trois projets de conversion de machines à papier du graphique vers l’emballage pour un investissement total de 620 millions d’euros. Plus précisément vers l’emballage en carton ondulé, car les trois se concentrent sur les papiers pour ondulé (PPO) issus de papiers et cartons à recycler (PCR) pour une capacité totale de 1,5 million de tonnes. La Normandie se distingue avec deux investissements majeurs.
À Grand-Couronne (Seine-Maritime), le français Veolia, associé au canadien Fibre excellence, prévoit une enveloppe de 120 millions d’euros pour produire 500 000 tonnes de PPO en convertissant l’outil de production de Chapelle-Darblay qui produisait auparavant du papier journal. À Alizay (Eure) qui était connu pour ses ramettes destinées à la reprographie, le belge VPK, en privilégiant le modèle de l’intégration verticale, projette de transformer 450 000 tonnes de PPO en plaques en « Z ». Le « Fanfold » est particulièrement adapté à la fabrication de colis sur mesure pour l’e-commerce. Montant de l’investissement ? 250 millions d’euros. Doté d'un budget équivalent, le troisième projet est porté par Norske Skog, à Golbey (Vosges). Avec le projet Box, le papetier norvégien veut basculer l’une des deux machines du papier journal issu de fibres vierges vers du PPO issu de fibres recyclées. Capacité annoncée ? 550 000 tonnes.
Taux de recyclage
Ces trois nouvelles unités doivent capter quelque 2 millions de tonnes de PCR. Selon Citeo, le taux de recyclage des emballages à base de cellulose est actuellement de 70%. La société agréée pour la valorisation des emballages et papiers ménagers au titre de la responsabilité élargie des producteurs (REP) indique que, avec 21% du gisement des 5,1 millions de tonnes des emballages ménagers, la cellulose représente 1,1 million de tonnes. Il faut y ajouter les emballages industriels et commerciaux dont sont issues les très prisées sortes 1.04 et 1.05. Avec 4,8 millions de tonnes sur un total de 7,2 millions de tonnes, les derniers chiffres de l'Union française des industries des cartons, papiers et celluloses (Copacel) démontrent que l’emballage est devenu la locomotive de l’industrie papetière française. La part de marché de la filière a bondi de 45,2%, en 2001, à 66%, en 2021. Principal débouché devant le carton pour étuis pliants et l'emballage souple, les PPO ont progressé de 10% entre 2020 et 2021, à 3,9 millions de tonnes. À terme, la France pourrait donc produire 5,4 millions de tonnes de PPO. Sans compter les annonces des acteurs installés comme celle de Saica qui injecte 117 millions d’euros dans la modernisation de sa papeterie de Laveyron (Drôme)…

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Février 2026
Indices des prix internationaux des matières premières importées - Pâte à papier - En eurosBase 100 en 2010
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Mars 2026
Vieux papiers, sortes ordinaires - Moyenne France-Export - 1.05 Ondulés récupérés (ex A5)Variation en €/tonne
Hygiène
Pour sa Papeterie de Bègles en Gironde, Etex a choisi Global hygiène pour reconvertir l'usine qui était spécialisée dans le papier pour la sacherie industrielle vers la ouate pour l’hygiène. L’hygiène qui est le débouché de prédilection du recyclage des briques en carton pour liquides alimentaires, comme le montrent les investissements de l'italien Lucart à Laval-sur-Vologne (Vosges) et le suédois Essity à Hondouville (Eure). La Normandie encore... En raison du recul structurel du graphique, un segment qui souffre actuellement de sévères pénuries, l’emballage et l’hygiène sont désormais les deux mamelles de l’industrie papetière.



