La deeptech Ncodin empoche 3,5 millions d’euros pour développer sa technologie d’interposeur optique

Créée en 2023, la deeptech française Ncodin annonce ce mardi 28 mai 2024 un premier tour de table de 3,5 millions d’euros auprès d’investisseurs européens. Sa technologie photonique promet d’accélérer grandement les interconnexions entre puces désagrégées, ou chiplets.

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Les trois cofondateurs de la deeptech Ncodin sont des anciens du Centre de nanosciences et de nanotechnologies. De gauche à droite : Fabrice Raineri, professeur à l'université Côte d'Azur, Francesco Manegatti, président de la start-up, et Bruno Garbin, le directeur technique.

La route de Ncodin vers le succès se pave de lumière. Hébergée au Centre de nanosciences et de nanotechnologies (C2N), au sud de Paris, la deeptech française, qui développe des nanocomposants photoniques, annonce une levée d’amorçage de 3,5 millions d’euros ce mardi 28 mai 2024. La feuille de route rendue publique l’an dernier suggérait l’arrivée d’un premier financement en cette période, à quelques mois près.

Le communiqué officiel mentionne trois capitaux-risqueurs, tous européens : Elaia, Earlybird et Ovni Capital, un nouveau fonds français créé l’an dernier. Le même document fait part du soutien de « conseillers distingués », à savoir Léo Apotheker (qui a officié chez Hewlett-Packard et SAP) et Eric Meurice (un ancien dirigeant d’ASML, aujourd'hui en partance de Soitec), apportant leur « expertise » et leur « expérience ».

Pour rappel, Ncodin table sur la photonique pour interconnecter les différentes parties des puces, ces dernières ayant tendance à se désagréger sous la forme de plusieurs sous-ensembles spécialisés : calcul généraliste (CPU), graphique (GPU), mémoire, etc.

Une telle configuration requiert un interposeur, aujourd’hui innervé par une circuiterie en cuivre, pour assurer les liaisons entre puces.

La motivation de Ncodin est de remplacer le métal par une architecture et des composants exploitant les technologies de la photonique : guides d’onde, lasers et photodétecteurs.

Le produit minimum viable avant la fin d'année

Les guides d’ondes sont fabriqués à base de silicium. Les lasers et les photodétecteurs font, eux, appel à des semi-conducteurs III-V, en l’occurrence le phosphure d’indium (InP), et ne mesurent qu’une vingtaine de micromètres.

Cette miniaturisation est la clé de la technologie de Ncodin. Elle confère une forte densité d’intégration, avec quelque 10000 composants par centimètre-carré.

Comparée aux interconnexions électriques conventionnelles, la photonique fait valoir ses arguments : un débit 1000 fois supérieur, de l’ordre du pétabit/seconde, et une efficacité énergétique progressant d’un facteur 100, autour de 100 femtojoules/bit. Pour reprendre la formulation de la deeptech, l’objectif est de « briser le mur du cuivre ».

L’interposeur optique de Ncodin se destine au marché des puces pour le calcul intensif et pour l’IA, en effervescence. Sa commercialisation est envisagée en 2028. D’ici là, Francesco Manegatti informe que le produit minimum viable (MVP) est attendu « avant la fin d’année 2024 ».

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