La coalition DéfiVrac lance son expérimentation

Des produits pâteux, crémeux ou huileux, frais et ambiants, sont proposés dans un distributeur en libre-service.

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Démonstration DéfiVrac
L'expérimentation vise à démocratiser l'usage du vrac dans la grande distribution.

Démocratiser l’usage du vrac : tel est l’objectif de la coalition DéfiVrac, qui réunit Bel – à l’origine de la démarche –, Danone, Famille Michaud apiculteurs et Lesieur, en lançant une expérimentation dans trois magasins en France. Pendant six mois, des compotes Materne, du sirop d’agave Sunny Via, du miel Lune de miel, de la mayonnaise Lesieur, de l’huile Isio 4, du yaourt velouté nature Danone, de la Vache qui rit et de l’Apéridip sont proposés en libre-service, dans des pots ou bouteilles consignés en verre. Cette opération « test & learn » doit permettre de lever collectivement les freins de ce mode de distribution, censé être plus écologique, dans les domaines de l’hygiène, de la sécurité sanitaire, de la praticité et du parcours client.

Élargir l’accès au vrac

Engagé depuis deux ans, le projet vise à offrir des solutions concrètes pour élargir l’accès au vrac à des produits pâteux, visqueux, crémeux, huileux…, frais et ambiants, jusqu’alors exclus de ce rayon, mais aux recettes parfois modifiées pour mieux couler dans les trémies. Il est mis en place dans un supermarché Intermarché à Dole (Jura), un E.Leclerc à Granville (Manche) et un Monoprix à Malakoff (Hauts-de-Seine). D’un coût global de 1,3 million d’euros, il est financé à 70% par Citeo dans le cadre de l’appel à projets « Encore plus de réemploi ».

Garantir l’hygiène

En partenariat avec le constructeur 3JD, un distributeur entièrement mécanique, « low tech », a été conçu pour s’adapter à toutes les catégories de produits et permettre une utilisation simple, aussi bien pour le client que pour les équipes du point de vente, sans aucun contact avec les denrées. Il ne peut fonctionner qu’avec les contenants prévus à cet effet – deux pots de 225 et 430 ml, obturés et scellés avec une étiquette DéfiVrac qui sert de témoin d’inviolabilité par Massilly, et une bouteille à bouchon mécanique d’un litre pour l’huile – pour éviter les erreurs de manipulation et garantir l’hygiène. En outre, afin de maintenir la machine et le rayon propres, un système de verrouillage bloque l’écoulement du produit s’il n’y a pas d’emballage inséré. Le distributeur est approvisionné par une sache de 2,7 kg, d’une forme spécifique, remplie en usine. « Un protocole HACCP rigoureux a été mis en œuvre pour encadrer l’ensemble des opérations, de l’amont à l’aval, de la recharge des produits jusqu’à l’usage par le consommateur, en assurant des standards élevés de sécurité alimentaire », précise Aude Bongiovanni, développeuse d’innovation emballage chez Bel.

Changement de paradigme

Après le remplissage du contenant – gradué pour apprécier la quantité versée – et sa pesée, une étiquette adhésive est éditée, qui rassemble toutes les informations utiles : date de péremption, liste d’ingrédients, conditions de conservation… Elle comporte aussi un QR code Packtic, qui donne accès à des renseignements supplémentaires (photo ci-contre). Il est à noter que plusieurs de ces mentions sont nouvelles dans le monde du vrac. Au prix affiché – « nous recommandons un prix au kilo inférieur de 10% à celui du produit similaire en fond de rayon », souligne Romain Le Nouaille, directeur marketing de Famille Michaud apiculteurs – s’ajoute le montant de la consigne, 30 centimes pour les pots et 50 centimes pour les bouteilles. Celui-ci sera restitué sous forme d’un bon de réduction lorsque le consommateur rapportera son contenant vide en magasin, dans une borne Loop chez Monoprix, Swiv chez E.Leclerc et Bocoloco chez Intermarché. « C’est un vrai changement de paradigme pour nos catégories, remarque Alexandra Berreby, directrice de l’engagement RSE clients chez Bel. Proposer des produits crémeux, pâteux ou frais, en une offre vrac accessible et sécurisée est un vrai défi technique, logistique et marketing que nous avons relevé collectivement avec les distributeurs et les fournisseurs. Cette innovation concrète témoigne de notre volonté d’accélérer la transition vers des modes de consommation plus durables, sans compromis sur le plaisir ni sur la qualité. »

Mesurer la perception des consommateurs

L’expérimentation est pensée pour répondre aux attentes des consommateurs en matière de réduction des emballages et mesurer leur perception, tout en améliorant le processus en continu. « Faire des émules également », complète Alexandra Berreby. Si elle est concluante, les quatre partenaires espèrent pouvoir la déployer à grande échelle.

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