Le rover chinois Zhurong s’est posé avec succès sur la surface de Mars samedi 15 mai, selon la China National Space Administration (CNSA). Cette réussite fait de la Chine le deuxième pays seulement après les États-Unis à réussir un atterrissage sur la planète rouge. Bien plus discrète que les États-Unis sur ses missions spatiales, la Chine a attendu le 19 mai avant de partager des premières photographies de Mars prises par son robot téléguidé.
CNSA (Cette photographie montre l'arrière du rover avec ses panneaux solaires et son antenne déployés. Crédit : CNSA)
« Neuf minutes de terreur »
Le rover était transporté par la sonde spatiale Tianwen-1. Il a atterri sur un site localisé dans une vaste plaine connue sous le nom d'Utopia Planitia, dans l'hémisphère nord de Mars. L'appareil a quitté son orbite d'attente vers 19h00 vendredi 14 mai (heure de Paris). Le module d'atterrissage s'est ensuite séparé de sa sonde orbitale trois heures plus tard pour entrer dans l'atmosphère martienne.
Étape ultra-délicate, le processus d'atterrissage a été constitué de « neuf minutes de terreur » pendant lesquelles le module a réduit sa vitesse avant de descendre lentement. Il s'est posé à très exactement 1h18 (heure de Paris), selon la CNSA. Le rover a ensuite mis plus de 17 minutes pour déployer ses panneaux solaires et ses antennes et envoyer des signaux aux contrôleurs sur Terre à plus de 320 millions de kilomètres de distance.
CNSA (Ce gif montre la séparation de l'orbiteur et de l'atterrisseur de la mission chinoise. Crédit : CNSA)
Des études sur le sol et l’atmosphère
Le rover va désormais inspecter le site d'atterrissage avant de quitter sa plateforme pour mener des études de son environnement. Zhurong (le nom d’un dieu du feu dans la mythologie chinoise) possède six instruments scientifiques dont une caméra topographique de haute résolution. Il va étudier le sol et l'atmosphère de la planète. Il a également pour mission de détecter des signes de vie ancienne, notamment des traces éventuelles d'eau et de glace sous la surface en utilisant un radar pour sonder le sous-sol. De son côté, Tianwen-1 va rester en orbite martienne pour cartographier la planète et effectuer des mesures avec plusieurs instruments scientifiques.
Selon les informations de la Nasa, le rover pèse 240 kilos. Équipé de six roues et alimenté par des panneaux solaires, il devra résister aux conditions extrêmes de la planète rouge. La durée nominale de sa mission est fixée à trois mois, bien moins que les quelque 22 mois prévus pour le rover américain Perseverance.
CNSA (Cette image montre l'atterrisseur et la rampe par laquelle le robot devra descendre. Crédit : CNSA)
La Chine « aux avant-postes de l'exploration spatiale »
Tianwen-1, ou « Questions au paradis » d'après un poème chinois écrit il y a deux millénaires, est la première mission indépendante chinoise vers Mars. Une mission lancée avec la Russie en 2011 n'avait pas réussi à quitter l'orbite de la terre. Si Zhurong parvient à se déployer avec succès, la Chine serait le premier pays à réussir la mise en orbite, l'atterrissage et la sortie d'un rover lors d'une mission inaugurale vers Mars. À l’échelle internationale, sur une vingtaine de missions lancées vers la planète rouge, environ la moitié se sont soldées par un échec.
Le président chinois Xi Jinping a adressé un message de félicitations à toutes les équipes impliquées dans cette mission. « Votre courage a été à la hauteur de ce défi, vous avez recherché l'excellence et placé notre pays aux avant-postes de l'exploration spatiale », a-t-il dit dans ce message.
Avec Reuters (Ryan Woo, avec David Stanway, version française Gwénaëlle Barzic)



