L’insolente réussite commerciale de Thales en 2022

Satellites, électronique de défense pour le Rafale, radars terrestres ou navals, technologies de cybersécurité… Malgré le contexte économique difficile, Thales a décroché l'an dernier des contrats comme jamais. Le groupe compte recruter massivement et renforcer son outil industriel en 2023 pour répondre à la forte demande de ses clients sur tous ses métiers.

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Thales Châtellerault Banc d'essai
Pour répondre à la demande de ses clients, Thales compte doubler la capacité de production de son usine de Limours (Essonne) qui fabrique les radars militaires.

Une année 2022 époustouflante pour Thales. Prise de commandes record à 23,6 milliards d’euros, chiffre d’affaires en croissance de 8,5% à 17,6 milliards et une marge d’EBIT net qui s’envole à 11%. «On affiche des résultats records quasiment sur tous les indicateurs»  s’est félicité son PDG Patrice Caine lors de la présentation des résultats 2022 intervenue le 8 mars.

La performance est d’autant plus impressionnante qu’elle a été réalisée dans un contexte économique des plus difficiles: guerre en Ukraine, inflation, crise des composants électroniques, hausse du prix de l’énergie, arrêt des activités en Russie… «Cela démontre la résilience et la robustesse du modèle d’affaires de Thales», veut croire le dirigeant.

Comment le groupe a-t-il pu réaliser une telle performance ? Thales a pu s’appuyer sur des gros contrats. Il en a décroché 29 de plus de 100 millions d’euros en 2022 (contre 21 en 2021) pour une valeur totale de 8,2 milliards d’euros. Avec évidemment le contrat hors norme lié à la vente des 80 Rafale aux Emirats Arabes Unis, Thales apportant l’avionique de l’avion de combat tricolore. 

Le juteux business de la défense

Quels ont été les moteurs de Thales en 2022? Il n’y a pas à choisir. «Tous nos business ont contribué à cette croissance sur l’année 2022», répond son directeur financier Pascal Bouchiat.

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A commencer d’abord par le segment spatial et aéronautique où le groupe a décroché 11 contrats de plus de 100 millions d’euros. Il le doit en particulier au succès commercial de sa nouvelle gamme de satellites reconfigurables Space Inspire dont 5 exemplaires ont été vendu l’an dernier notamment auprès de clients opérateurs comme SES, Intelsat, Eutelsat, Arabsat... La croissance sur ce segment a toutefois été ralentie par l’arrêt du business en Russie, ce qui a occasionné un manque à gagner de l’ordre de 80 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Les prises de commande de la branche Défense et Sécurité enregistrent une croissance impressionnante de l’ordre de 23%. Les 16 contrats de plus de 100 millions d’euros décrochés tout au long de l’année soulignent la richesse du portefeuille de produits et de savoir-faire du groupe: des radars pour différentes marines étrangères, un système de communications sécurisées pour un client militaire, des munitions pour l’armée australienne, des équipements pour les nouveaux blindés légers Scorpion ainsi que des radios tactiques pour l’armée française, une contribution pour les 6 Rafale pour l’Indonésie et les six autres pour la Grèce, une contribution lié au programme européen de combat aérien du futur…

Se mettre en ordre de bataille 

« La marge se maintient au meilleur niveau mondial de l’ordre de 13%. C’est le niveau de nos grands concurrents américains dans le domaine de la Défense» se félicite son directeur financier. La troisième division qui regroupe les activités «Identité et sécurité numériques» a connu une croissance de 21% de ses prises de commandes. Et pour cause, tout s’est bien conjugué: demande commerciale forte, augmentation des prix, très forte développement des activités de cybersécurité, reprise des activités biométriques... En 2023, Thales veut profiter de cet élan et saisir toutes les opportunités commerciales. D’autant plus que «le niveau de demande est très fort», selon Patrice Caine.

Pour cela, le groupe entend se mettre en ordre de bataille au niveau des effectifs. «Il nous faut suffisamment de talents pour servir nos clients et dérouler nos projets», anticipe le PDG. Le groupe prévoit de recruter environ 12 000 personnes en 2023 soit plus qu’en 2022 qui était déjà une année record avec 11 500 embauches. C’est deux fois plus que les années précédentes. Pour relever le défi, Thales a mis en place une organisation mondiale pour recruter et compte également s’appuyer sur des centres d’ingénierie établis en Inde et en Roumanie.

Doublement des capacités de l'usine de radars de Limours

Au niveau des usines. Le groupe va multiplier les investissements pour renforcer sa capacité de production. «D’ici un ou deux ans, on aura étendu les capacités de plus de 14 sites», souligne le patron du groupe. Aussi bien à l’étranger qu’en France. A Rome, le groupe va ouvrir un nouveau centre dédié à l’assemblage, l’intégration et le test des technologies spatiales. Au Pays-Bas, Thales veut accroitre ses capacités dans le domaine des technologies navales avec la création d’un nouveau bâtiment. Il viendra notamment en appui de la filiale allemande qui a remporté un contrat de frégates auprès de la marine allemande.

En France, Thales entend doubler les capacités de production de ses radars à son usine de Limours (Essonne). Les investissements consacrés aux renforcements des capacités de production, d’ingénierie et d’informatique associée devraient atteindre 1,3 milliard d’euros sur la période 2023 et 2024.

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