Sakowin ionise à coups de micro-ondes
«Notre plasmalyse du méthane repose sur un système éprouvé. Nous exploitons des générateurs micro-ondes déjà utilisés, par exemple dans l’industrie du diamant», explique Gérard Gatt, le fondateur et président de Sakowin, créé en 2017. Le principe est simple : les micro-ondes ionisent du méthane gazeux à pression ambiante, produisant un plasma qui dissocie instantanément les molécules pour générer du dihydrogène et du noir de carbone solide.
Contrairement aux autres solutions de plasmalyse, pas besoin de catalyseur ni d’électrode susceptibles de se dégrader à l’usage et de réduire la pureté du noir de carbone. De quoi profiter pleinement de l’efficacité énergétique de la réaction. «Notre module standard de 100 kW correspond à un système électrolytique de 500 kW et peut produire 200 kg d’hydrogène par jour.» La start-up livrera un démonstrateur industriel à la fin de l’année et en a deux autres en projet. Elle espère lancer une première version de son produit final en 2026.
Plenesys mise sur l’arc électrique en alternatif
Plenesys «Notre procédé utilise un plasma thermique généré par un arc électrique, auprès duquel la température peut atteindre 3000°C, pour un rendement de conversion du méthane en hydrogène supérieur à 90%», décrit Sabri Takali, le cofondateur et président de Plenesys, spécialiste de la fabrication de torches plasma. Fondée en 2018, l’entreprise a la particularité d’utiliser du courant alternatif, ce qui a un effet auto-stabilisateur sur l’arc et évite d’avoir recours à un convertisseur alternatif-continu.
Par ailleurs, pour remédier au problème d’érosion des électrodes lors du fonctionnement, les torches sont équipées d’électrodes en graphite peu chères, remplacées de manière automatique par un système de chargement, tout en évitant l’arrêt de la machine. La première unité commerciale de l’entreprise sera mise en service à la fin de l’année. Elle pourra produire jusqu’à 60 tonnes d’hydrogène par an avec une torche de 100 kW. Une variante de 2 MW est prévue fin 2025, pour fabriquer environ 1000 tonnes d’hydrogène par an.
© Plenesys
Spark Cleantech compte sur son plasma froid nanopulsé
Fondé en 2022, Spark Cleantech a mis au point une technologie de plasma froid nanopulsé. «Ce contrôle de la température du plasma nous permet de projeter un usage applicatif à toute échelle», assure Patrick Peters, son cofondateur et directeur général. Concrètement, «plusieurs milliers de fois par seconde, on déclenche un arc électrique de très haute tension, sur quelques nanosecondes à peine, détaille Erwan Pannier, cofondateur et directeur technique. L’énergie injectée déstabilise les molécules jusqu’à les casser, mais sans leur laisser le temps de chauffer.»
Autre avantage : toute l’énergie est injectée dans le méthane, qui n’a pas besoin d’être mélangé à un second gaz pour maintenir le plasma. Restait à régler le problème de dépôt de carbone court-circuitant le système. Plus d’une année de développement a été nécessaire pour parvenir à une opération industrielle continue. Le premier pilote est en construction. Un deuxième suivra en 2025, avant une mise sur le marché d’ici à 2026.
Spark Cleantech © Spark Cleantech



