2022 sera une année spatiale. Et pour l’Europe plus que jamais. A l’occasion de ses vœux à la presse présentés le 6 janvier, Guillaume Faury, PDG d'Airbus Group et président du GIFAS (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales, ndlr), a tenu à réaffirmer l’importance du secteur spatial pour la filière. Il a rappelé les deux grands rendez-vous à venir dans ce domaine.
D’une part sur le plan technique, l’Europe devra réussir le premier lancement d’Ariane 6, le lanceur conçu pour contrer l’Américain SpaceX grâce à des coûts de production divisés par deux. D’autre part, sur le plan stratégique, les ministres européens chargés des activités spatiales se réuniront les 22 et 23 novembre à Paris afin de s’accorder sur une feuille de route stratégique et un budget correspondant.
Risque de décrochage technologique
Pour Guillaume Faury, ce rendez-vous est crucial. L’Europe spatiale doit prendre des mesures fortes face au dynamisme des autres grandes puissances spatiales. Au risque de se voir déclasser sur le plan technologique. «On voit des montées en puissance extrêmement impressionnantes de la Chine, des Etats-Unis et de la Russie. L’an dernier, on a vu un nombre de lancements incroyables, la Chine passer devant les Etats-Unis et la Russie et l’Europe être en quatrième position», constate-t-il.

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La solution passe par un budget spatial en augmentation. «On appelle à la fois de nos vœux l’augmentation des budgets mais aussi de bien les cibler et bien les investir pour que les résultats soient les plus élevés possibles (…) Mais globalement la filière est absolument convaincue que si l’on veut rester dans la course avec les autres grandes puissances, il faudrait investir beaucoup plus fortement dans la dimension spatiale», exhorte Guillaume Faury. Le président du Gifas a déploré le dimensionnement budgétaire européen "vraiment petit comparé aux autres blocs".
La Chine et les USA extrêmement dynamiques
La précédente conférence ministérielle de l’Agence spatiale européenne qui s’était tenue à Séville en novembre 2019 avait débouché sur un budget sans précédent de 14,4 milliards d’euros sur la période de 2020 à 2022. Toutefois par rapport aux Etats-Unis, la comparaison reste très défavorable. Ainsi la Nasa disposait de 23 milliards de dollars pour la seule année 2021 ! Quand à la Chine, au-delà de lancer des fusées à une cadence effrénée, elle fait preuve d’un dynamisme des plus impressionnants, étant capable de faire atterrir un rover sur la surface de la Lune ou encore d’envoyer des taïkonautes dans une station spatiale 100% made in China.
Le match est loin d’être terminé. L’Europe spatiale a une expertise largement reconnue par ses grands partenaires. «On a vu la fin de l’année 2021 en fanfare avec le lancement par une fusée Ariane 5 du James Webb, un télescope à 10 milliards de dollars. Ce qui montre la confiance dans la fiabilité du lanceur européen par la Nasa», s’est réjoui le patron d'Airbus.
Pour convaincre les Etats européens de mettre la pain à la poche, le dirigeant souligne l’importance du secteur spatial pour les citoyens mais également les entreprises et les nations que ce soit pour la géolocalisation des individus ou des objets, les communications, l’observation de la Terre et la surveillance du réchauffement climatique… Selon lui, il y a «une sous-estimation par le citoyen de sa dépendance à l’espace. Toute la communication, toute la connectivité est faite dans une très grande mesure à travers les satellites. Chaque jour, le citoyen utilise en moyenne 40 satellites».



