« Les universités, centres de recherche, start-up, PME, PMI, ETI, grand groupes de l’industrie… tout le tissu économique et industriel est le bienvenu pour intégrer l’Alliance et préparer ce marché européen. Toute la chaine de valeur européenne est alignée sur ces objectifs. La démarche est orientée vers l’action, pas vers la réflexion. C’est très concret car 30 gigawatts en 2025, c’est demain. Il faut préparer le très court terme et aussi le long terme », insiste Karine Vernier CEO France d’EIT InnoEnergy.
Dédié à l'innovation pour l'énergie durable en Europe, EIT InnoEnergy a été désigné comme secrétariat de l'Alliance et dirigera ses travaux. Il est rejoint par le syndicat professionnel SolarPower Europe et le Conseil européen de la fabrication solaire au sein du Comité Directeur de l'Alliance.
Alors que la Chine fournit aujourd’hui 80% des panneaux solaires du monde, l’alliance veut favoriser la mise en place d’une chaîne industrielle européenne du solaire photovoltaïque complète : matières premières, lingots de silicium, cellules photovoltaïques… Jusqu’au recyclage des panneaux. Son credo: l’Europe doit être capable d’assurer sa souveraineté pour que le photovoltaïque soit durable et compétitif. L’Alliance s’est fixé un objectif de 30 GW de capacité de production annuelle d’ici 2025, ce qui impliquerait 60 milliards d'euros de PIB chaque année en Europe et la création de plus de 400 000 emplois (directs et indirects).
Agir sur tous les fronts
Pour ce faire, l’alliance compte agir sur tous les fronts : elle vise à soutenir la recherche sur les technologies aux meilleurs rendements et mettre en relation les clients et fournisseurs. « L'enjeu est de travailler tous ensemble au service de la création d'une filière européenne. Nous devons structurer une industrie souveraine sur toute la chaîne de valeur, des matières premières au recyclage en passant par les différentes applications, en associant les industriels, les centres de recherche, les universités et bien sûr les décideurs qui font la réglementation » s’enthousiasme Karine Vernier. L’alliance veut également soutenir les formations académiques et professionnelles et développer des pipelines de projets d'investissement. « Il faudra prévoir une préférence pour des panneaux photovoltaïque les plus bas carbone possible. D'autres critères complémentaires éthiques ou de contenu local pourront également être envisagés. L’Europe a cette volonté de mettre en place un modèle extrêmement vertueux dès le départ ».
Aujourd’hui, à l’échelle des laboratoires, il existe de nombreux prototypes immédiatement industrialisables, avance Karine Vernier. En France, l’Institut Photovoltaïque d’Île-de-France (IPVF) et l’Institut national de l’énergie solaire (INES) font en particulier de la recherche sur les cellules tandems. La dirigeante de l’EIT InnoEnergy compte sur l’arrivée sur le marché de cellules à meilleur rendement énergétique d’ici à 2 à 5 ans. Le reyclage est aussi en ligne de mire de l’Alliance. Karine Vernier cite ainsi la start-up ROSI Solar qui monte une usine de recyclage des panneaux dans la région Rhône-Alpes.



