Emballages magazine : pourquoi avoir choisi le système de la consigne ?
Allan Le Bronnec : Pour l’environnement. Les ressources de la planète arrivent à épuisement. Cela nous paraissait aberrant de jeter des flacons qui peuvent être réutilisés. L’idée, à terme, c’est d’être en circuit fermé de packaging, avec, par exemple, 50 000 flacons en circulation. Nous n’inventons rien, nos grands-parents utilisaient ce système pour leurs bouteilles de lait. Et nous le remettons au goût du jour pour des cosmétiques, un marché sur lequel la consigne n’est pas très utilisée.
Au-delà de la consigne, l’impact environnemental est un vrai engagement pour Kerbi. Nous participons par exemple à « 1% for the Planet », qui consiste à reverser 1% de notre chiffre d’affaires à des associations pour la préservation des océans.
Comment cela fonctionne-t-il ?
Pour l’instant, nous n’avons qu’un seul produit consigné, le sérum visage Horizon. Il est déjà en vente, la commercialisation a commencé le 7 novembre. Les consommateurs peuvent l’acheter sur le site Internet et chez nos revendeurs : pharmacies, instituts de beauté et boutiques bio. Le système de consigne est déjà en place. Concrètement, les clients rapportent les flacons dans un point de vente partenaire, nous en avons entre 300 et 350 partout en France. Même si les sérums ont été achetés sur Internet, ils peuvent être rapportés dans une boutique physique. Les points de vente avec qui nous travaillons jouent le jeu. En échange, le revendeur accorde 1 euro de remise sur un produit de la gamme. Cela incite les consommateurs à rapporter les flacons, c’est aussi une façon de les remercier.
« Ce n’est pas rentable, mais ce n’est pas le plus important »
Nous visons à étendre ce système à toute la gamme des produits suivant les packagings. En mars prochain, la gamme solaire fonctionnera avec le système de consigne. Pour les autres, surtout ceux en plastique, malheureusement, cela n’est pas encore possible, car il y a transmission de matière au lavage. Mais nous avons bon espoir qu’une solution soit trouvée dans les prochaines années. Nous avons lancé des tests en parallèle.
Économiquement, est-ce rentable pour vous ?
Quand les revendeurs ont une vingtaine de flacons, nous nous occupons du transport, nous leur faisons une réduction de 10 euros sur leur prochaine commande. Le transport et le lavage nous coûtent en moyenne 1 euro. Le packaging lui-même nous coûte 1 euro. Donc, non, cela n’est pas rentable pour nous. Lorsque les volumes seront plus gros, nous parviendrons peut-être à un équilibre. Mais cela n’est pas le plus important pour nous.
L’idée, c’est de démocratiser ce système. Certes, la consigne sur des produits de cosmétiques, cela n’est pas courant. Mais nous ne sommes pas seuls. Sur notre segment de marché, celui des petites marques de cosmétiques, de plus en plus d'entreprises s’y mettent. L’important, aussi, c’est que nous faisons tout en local, autour de Vannes, dans le Morbihan. Pour le lavage des flacons en verre, nous travaillons avec une entreprise qui est à 20 kilomètres. Pour l’instant, c’est à une petite échelle, c’est assez agile, donc cela fonctionne. Évidemment, il faudra revoir la logistique quand nous augmenterons les volumes. Mais le local c’est très important pour nous. Nous voulons rester cohérents avec nos valeurs.



