Alors que sa technologie s’envolera bientôt dans l’espace, Ion-X a trouvé l’argent pour financer son nouveau pied-à-terre. La deeptech française, qui développe un moteur ionique pour microsatellites basé sur le principe de l’électro-hydrodynamique, est en effet lauréate de l’appel à projets « Première usine », instauré par le programme d’investissement France 2030. L’annonce a été faite ce jeudi 23 mai 2024 sur le salon Vivatech, qui fermera ses portes samedi.
La somme allouée à Ion-X s'élève à 6 millions d'euros. Ce projet d'usine, nommé Produx-Ion, sera alimenté par deux autres contributions en provenance de l’EIC Accélérateur, un programme de soutien européen, et d’une levée de fonds (série A) en cours, qui devrait avoisiner la dizaine de millions d’euros.
Hébergée actuellement au Centre de nanosciences et de nanotechnologies (C2N), la deeptech n’a pas encore décidé de son futur lieu d’implantation. Elle restera localisée au sud de Paris, quoi qu’il en soit, pour ne pas trop s’éloigner du C2N. L’emménagement est prévu pour début 2025.
Un test dans l'espace en octobre prochain
Les locaux abriteront un bureau d’étude, le département commercial, ainsi qu’une salle blanche équipée d’une ligne d’assemblage notamment, qui pourra produire dix moteurs par mois.
Ion-X poursuit donc son ascension. Sa technologie de propulsion, conçue et brevetée par Jacques Gierak (médaille de l’innovation CNRS 2023), a passé l’épreuve de qualification au sol à Toulouse, en fin d’année dernière.
L’étape suivante, la démonstration en conditions réelles, aura lieu en octobre prochain. Le moteur a été intégré par Space Inventor, fabricant danois de microsatellites, et la mise en orbite sera assurée par SpaceX. Ce projet s’inscrit dans le cadre de mission de démonstration Edison, financée en partie par l’Agence spatiale européenne.
Dans la série des bonnes nouvelles, Ion-X a signé un contrat de deux ans avec le Cnes, le 16 mai. L’agence spatiale française accompagnera le développement du propulseur ionique de la deeptech et procédera à l’acquisition de trois unités de test, au sol et en vol. Une démonstration en orbite basse est attendue dans le courant du second semestre de 2025.



