Les organisateurs de Messe Düsseldorf ne boudent pas leur plaisir. À quelques semaines seulement du début du plus grand salon mondial de l’emballage, qui aura lieu dans la ville rhénane du 7 au 13 mai prochain, la manifestation affiche complet. « Depuis le mois de février 2019 nous n’avons plus un mètre carré de disponible, la demande est tellement forte qu’il a fallu mettre 300 entreprises sur liste d’attente », détaille Thomas Dohse, directeur adjoint du salon. Les chiffres donnent le tournis : 3000 exposants, 60 pays représentés, 18 halls remplis, 170 000 visiteurs attendus, des stands hors norme comme celui de l’italien Ima, d’une surface de 4000 m². Le succès d’Interpack pourrait se résumer en deux mots : international et innovation. Sa capacité à attirer un public de contrées lointaines, comme la Chine, l’Inde ou encore les États-Unis, constitue l’un de ses indiscutables atouts, comme d’ailleurs le nombre d’innovations technologiques qui y sont dévoilées. En l’occurrence, la cadence triennale du salon n’est aucunement remise en cause tant elle correspond – selon les organisateurs – au rythme même des innovations du secteur de l’emballage. Par ailleurs, Interpack ne semble avoir nullement souffert de la concurrence de l’univers du « print » qui se donne rendez-vous seulement quelques semaines plus tard – du 16 au 26 juin – dans le même lieu, pour l’incontournable Drupa.
Nouvelle organisation des stands
Parmi les nouveautés de cette édition, Messe Düsseldorf a opté pour une organisation par centres d’intérêt. « Les visiteurs perdaient trop de temps dans les déplacements d’un hall à l’autre, avec cette nouvelle répartition des stands, ils devraient optimiser leur circuit », explique Thomas Dohse. Les professionnels de la pharmacie et des produits de soin trouveront ainsi leur bonheur dans les halls 15 à 17, ceux qui s’intéressent à la confiserie et à la boulangerie dans les halls 1, 3 et 4, alors que ceux qui recherchent des matériaux et des emballages parcourront les allées des halls 7a, 7, 8a, 9 et 10 pour aller à la rencontre des 900 exposants spécialisés sur ces segments. Les machines d’emballage et de conditionnement, qui restent donc très largement majoritaires parmi les exposants, seront localisées dans les halls 5, 6 et de 11 à 15. En revanche, les composants pour machines qui avaient fait leur entrée – remarquée – il y a trois ans, et qui ne cessent de prendre de l’importance dans le prolongement d’Industrie 4.0, vont bénéficier, d’un hall à part entière, le 18, de 5000 m².
Croissance mondiale
Dixième pays par ordre d’importance dans le visitorat étranger après l’Italie, les Pays-Bas, la Turquie, le Royaume-Uni, l’Espagne, le Japon, l’Inde, la Belgique et la Suisse lors de l’édition 2017, la France aborde cette nouvelle édition d’Interpack avec une délégation d’une centaine d’exposants et deux pavillons nationaux dont l’un consacré aux machines. L’occasion, peut-être, pour les professionnels hexagonaux de convaincre de potentiels clients étrangers… Car le marché ne cesse de croître. D’après une enquête Euromonitor, la demande mondiale de produits alimentaires et pharmaceutiques devrait augmenter de 28% et 35% respectivement, à 7142 et 1797 milliards d’euros, d’ici à 2023. Des produits qu’il faudra bien conditionner… Si l’ambiance est à l’optimisme sur le plan des affaires, le durcissement réglementaire plane toutefois comme une menace sérieuse sur l’univers de l’emballage, en particulier sur les plastiques. Entre ceux qui pensent que l’emballage est une opportunité et ceux qui soutiennent que c’est une menace pour l’environnement, les débats s’annoncent houleux dans les prochains mois. La question sera, en tout cas, abordée à la conférence « Life without packaging » qui verra, parmi les intervenants, des multinationales de l’alimentaire et des produits d’hygiène comme Nestlé et Henkel, des universitaires, des fabricants d’emballages à l’instar de Constantia et des associations de défense de l’environnement comme le Fonds mondial pour la nature (WWF). « Life without packaging » : à Interpack, le titre de la conférence ne pouvait être mieux choisi !



