Depuis deux ans, le groupe Hébert cherche à se diversifier, en termes de marchés comme de technologies. Ainsi, l’entreprise familiale franc-comtoise, spécialisée dans l’injection plastique de pièces à parois minces et l’étiquetage dans le moule (IML) pour l’agroalimentaire, s’est-elle développée dans la cosmétique, en devenant un fournisseur de Johnson & Johnson. Cette année, c’est sur le terrain des matériaux qu’elle se démarque. Elle vient en effet d’acquérir la licence de la technologie de cellulose moulée à sec de la start-up suédoise Pulpac. Une ligne de production Pulpac Modula (photo ci-dessous) sera installée cet été dans un bâtiment dédié, en cours de construction, à Orgelet (Jura).

D’autres matériaux, pas de solution hybride
« L'industrie de l'emballage entre dans une nouvelle ère, marquée par l'évolution rapide des systèmes réglementaires et des attentes des clients pour se découpler des ressources fossiles et passer à des produits recyclables, déclare Julien Hébert, directeur technique et commercial du groupe. Fidèles à notre ADN, nous nous sommes déjà engagés sur la voie des solutions recyclables 100% monomatériau et de l’utilisation de résines issues du recyclage ou de la biomasse. Nous sommes d’ailleurs certifiés ISCC+ depuis deux ans. » Pour aller plus loin, Hébert cherchait à travailler d’autres matériaux. « Mais pas des solutions hybrides, multimatériaux, plastique-carton par exemple, qui, selon nous, ne répondent pas à l’équation en fin de vie », souligne Julien Hébert, l’un des représentants de la quatrième génération aux commandes du groupe.
Une offre complémentaire dans le moulage

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Février 2026
Indices des prix internationaux des matières premières importées - Pâte à papier - En eurosBase 100 en 2010
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Mars 2026
Vieux papiers, sortes ordinaires - Moyenne France-Export - 1.05 Ondulés récupérés (ex A5)Variation en €/tonne
« Nous avons bien étudié la cellulose et toutes les façons de la transformer, indique-t-il. Beaucoup de technologies vont arriver sur le marché, d’autres se perfectionnent. » Pourquoi le choix du procédé Dry Molded Fiber de Pulpac ? « Il nous permet de rester sur le moulage, qui est notre métier principal, et constitue une solution réellement compétitive », répond-il, insistant sur le fait qu’il s’agit d’une offre complémentaire, et non d’une mutation. Il n’occulte pas pour autant les limites de la technologie, qui touchent au process, aux propriétés barrière et aux formes réalisables. « Elle est balbutiante, nous sommes parmi les premiers à l’expérimenter, et elle ne permet d’aborder qu’une petite partie du marché, confie-t-il. Mais nous allons capitaliser dessus comme nous l’avons fait auparavant sur les parois fines et l’IML, et montrer la voie dans notre industrie. » Et d’annoncer les premières applications, de type plateau, fin 2022 début 2023.
Partage de savoir-faire
De son côté, PulPac se félicite de ce premier accord en France. « Nous sommes vraiment impressionnés par l'esprit d'innovation et la capacité d'adaptation aux nouvelles technologies du groupe Hébert, qui a créé des partenariats très solides avec certains des plus grands noms de l'industrie alimentaire mondiale, commente Sanna Fager, directrice commerciale de l’entreprise suédoise. Nous nous réjouissons d'un partenariat à long terme où nous pourrons partager nos savoir-faire et expertises afin d'exploiter tout le potentiel du moulage à sec. »
Implanté à Orgelet (Jura), le groupe Hébert a réalisé un chiffre d’affaires de plus 50 millions d’euros en 2021 et emploie 180 salariés.
Basé à Göteborg, en Suède, PulPac a été fondé en 2018. La start-up a inventé la technologie Dry Molded Fiber de moulage à sec de la cellulose, pour produire des emballages alternatifs aux produits en plastique à usage unique.



