Navalisation de l’intelligence artificielle pour l’aide à la décision, ou Naiade : c’est le nom de la chaire scientifique lancé ce 24 novembre 2024 par un consortium réunissant l’Ecole navale, l’école d’ingénieurs IMT Atlantique, ainsi que les deux industriels Naval Group et Thales. Professeur à IMT Atlantique, John Puentes en sera le titulaire.
Ce programme de recherche, dont la durée initiale prévue est de quatre ans, doit « doter le marin de moyens performants pour limiter sa charge cognitive et lui permettre de se concentrer sur la prise de décision dans un environnement naval complexe. »
En pratique, il s’agit de faire de l’IA un assistant virtuel capable de soulager la charge mentale pesant sur un opérateur quand celui est confronté à une situation complexe, voire critique. De ce point de vue, la chaire Naiade semble s’inscrire dans la même veine que le projet CAB (cockpit et assistant bidirectionnel), commencé en 2020 par l’Institut de recherche technologique SystemX.
Elle se décomposera en deux phases. Dans un premier temps, l’IA sera étudiée comme un outil d’aide à la décision. Comment peut-elle exécuter des tâches élémentaires historiquement assignées aux marins pour que ceux-ci puisse se concentre sur des activités plus importantes ?
Dans un second temps, il sera question d’étudier l’interface entre l’homme et la machine. Comment une IA et un marin peuvent-ils collaborer au sein du même équipage ?
Caractériser différents aspects de l'IA en milieu naval
« Nous pourrons comprendre comment cette transformation (du métier de marin par l’apport de l’IA) apporte un enrichissement à l’équipage tout en améliorant le service rendu, et ainsi développer des méthodes qui permettront de faciliter l’introduction de ces technologies prometteuses dans nos lignes de produits : bâtiments de surface, sous-marins, systèmes autonomes… », déclare Frédéric Vignal, directeur Innovation de Naval Group.
Pour ce faire, différents aspects de l’IA en milieu naval complexe seront caractérisés : la nature, la granularité, la forme sémiotique ou encore la temporalité de l’information transmise au marin ; les logiques du comportement et les biais cognitifs ; le fonctionnement en mode dégradé, etc.
Les travaux menés au sein de la chaire devraient conduire à des publications scientifiques et à la mise au point de prototypes, de démonstrateurs de recherche et de nouveaux processus. Ils devraient aussi aboutir au développement de programme de formation des élèves-ingénieurs de l’Ecole navale et de l’IMT Atlantique.



