Port-Jérôme serait-il devenu la nouvelle Mecque des plastiques « durables » ? Tout porte à le croire. Après Loop Industries, Suez et Eastman qui ont annoncé il y a quelque mois la mise en place d’unités qui se consacreront au recyclage du polyéthylène téréphtalate (PET), c’est au tour du belge Futerro d’annoncer la création d’une bioraffinerie dédiée à la production et au recyclage d’acide polylactique (PLA) dans cette localité située à quelques kilomètres en amont du port du Havre (Seine-Maritime).
Le PLA, pour mémoire, est issu de ressources végétales renouvelables, comme le maïs et le blé. Il peut être utilisé en tant que matériau d’emballage et a la particularité de répondre à la norme EN 13432 sur le compostage industriel, représentant ainsi une alternative aux plastiques pétrosourcés. Futerro possède déjà une usine de PLA en Chine dont la construction s’est achevée en 2021. La France hébergerait donc la deuxième. L’entreprise belge a entamé des négociations avec Caux Seine Agglo et son agence de développement économique Caux Seine développement, afin de trouver un terrain pour y construire une bioraffinerie d'une capacité de production annuelle de 75 000 tonnes
Une première en Europe
Totalement intégré, ce qui représenterait une première en Europe, le site inclurait une unité de fabrication d'acide lactique à partir de matières premières d'origine agricole, une unité de conversion d’acide lactique en PLA et une unité dédiée au recyclage moléculaire de ce polyester. Futerro veut inscrire son projet dans le cadre de l’économie circulaire. Dans ce but, il assure vouloir valoriser des sous-produits de l'énergie verte, de l'agriculture ou de l'alimentation animale et humaine. Une autre nouveauté consiste dans le recyclage. Il est rare, en effet, que des projets industriels relatifs au PLA s’intéressent à sa valorisation. La bioraffinerie devrait potentiellement créer 250 emplois directs et 900 emplois indirects.
« Nous décrivons notre polymère comme le premier plastique biorenouvelable. Issu du carbone végétal, il peut être recyclé facilement et écologiquement pour obtenir un polymère vierge de même qualité que celle de son premier cycle de vie : c'est une caractéristique unique », a souligné, en marge de cette annonce, Frédéric Van Gansberghe, le Pdg de Futerro. Le choix de Port-Jérôme a été guidé par plusieurs facteurs dont la possibilité de disposer d'un site industriel potentiellement extensible, l’offre, sur place, d’énergie bas carbone et de matières premières agricoles, l’accès à la voie d'eau et aux possibilités logistiques du terminal de Radicatel et du port du Havre et, enfin, la présence d'un vivier de compétences techniques dans la chimie et les polymères. Le projet est mené conjointement avec la région Normandie. Un investissement de 500 millions d’euros est évoqué par plusieurs sources concordantes.



