Vingt-cinq ans et toutes ses dents, bien aiguisées! Patron d’Amazon France, Frédéric Duval, le revers de la veste orné d’un badge ad hoc, a fêté, comme il se doit, un anniversaire important, mais dans un contexte économique et géopolitique complexe. En bon commerçant, Amazon a surfé sur cet anniversaire avec 25000 coupons de 25 euros offerts dès 75 euros d’achat, entre le 30 avril et le 6 mai 2025. En bon commerçant, Amazon a vérifié que la vente en ligne avait toujours le vent en poupe. Selon un sondage de l'Institut français d’opinion publique (ifop), réalisé en partenariat avec l’entreprise, 43% des Français affirment acheter sur Internet de manière « régulière », soit plus d’une fois par mois. « Nous accueillons tous les mois, tous les jours, de nouveaux Français qui nous découvrent », indiquait avec satisfaction Frédéric Duval le 24 avril, lors d’un entretien accordé à France Info. En bon commerçant, il souligne qu’Amazon offre aux consommateurs un excellent remède à l’inflation avec ses prix très attractifs et contribue à la bonne santé de l’économie française avec ses 25000 emplois répartis sur 35 sites, de nouvelles installations étant en cours d’achèvement en 2025. Une enveloppe de 300 millions d’euros a d’ailleurs été annoncée le 19 mai lors du sommet Choose France. En bon commerçant, soucieux de participer à la décarbonation, Amazon assure enfin que son modèle économique est vertueux grâce à une logistique optimisée.
Dernier kilomètre
Dans une étude consacrée au dernier kilomètre de l’e-commerce, complétée par une comparaison avec le circuit traditionnel des magasins, l’agence de la transition écologique (Ademe) décortique les impacts des différents types de livraison. Le recours à la voiture individuelle pour aller chercher son précieux colis faire figure d’épouvantail. La prudence est toutefois de mise! L’empreinte carbone dépend étroitement des distances, des produits, du taux de remplissage des véhicules et de la densité de l’habitat. L’outil baptisé « Empreinte du commerce en ligne » (Ecel) permet d’y voir plus clair. En outre, les modèles évoluent très rapidement. Le logisticien Mondial Relay a entrepris, par exemple, de remplacer ses points relais par des consignes automatiques ou « lockers » qui imposent une taille maximale.
Acteurs du colis réemployable
Au-delà de l’expérience d’ouverture à réception ou « unboxing », l’emballage occupe naturellement une place à part dans cette analyse. Soucieux de traquer les « irritants », Amazon en a même fait un cheval de bataille. Réunis, depuis le salon Reuse Economy Expo des 26 et 27 mai, dans un collectif baptisé Acteurs du colis réemployable (Acree), de nombreux entrepreneurs ont d’ailleurs peaufiné leurs idées au sein de l’incubateur de la société américaine avant de lancer leur start-up. Trois priorités se dessinent actuellement. ainsi, avec des points de collecte dédiés, les collectivités locales tentent de canaliser le flux envahissant d’emballages en carton ondulé, parfois très volumineux, et rarement remis à plat. Les bacs jaunes destinés à ce flux ménager sont souvent pleins en quelques heures. D’autant plus que la profession peine encore à venir à bout du lancinant fléau du vide qui remplit les colis. L’Ademe rejoint DS Smith sur cet aspect. avec des entrepreneurs plus que jamais stimulés par cette perspective, l’usage unique se trouve complété par le réemploi. En ligne avec l’esprit du règlement sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) et les « 3R », c’est l’angle retenu pour ce dossier concocté pour la deuxième édition de Zero impact Packaging. Véritable relais de croissance, l’e-commerce demeure toujours le nouvel eldorado du carton ondulé, des pochettes en papier et des solutions de protection ou de calage. Remplacer le polystyrène expansé (PSE) et divers composants en plastique comme le film à bulle, tel est le but !
Puissants algorithmes
La profession indique également être en pointe en matière d’économie circulaire avec ses papiers pour ondulé (PPO) issus de papiers et cartons à recycler (PCR). Quant à la stricte adaptation du volume de l’emballage à la taille du produit, elle passe par des solutions de mécanisation très techniques – « 3D » ou « fanfold » – ou encore des formats de caisses dictés en temps réel par l’intelligence artificielle (IA) ou de puissants algorithmes. C’est dans cette logique, qu’à l’heure actuelle, amazon déploie un vaste plan de modernisation de l’automatisation du conditionnement. En dehors du « R » du recyclage, le carton décline le « R » de la réduction, avec des emballages allégés grâce aux PPO de faibles grammages. Le « R » du réemploi, le credo de Carton vert, stimule les entreprises. Lors de la dernière édition du salon All4Pack, en novembre2024, le distributeur Raja a notamment été primé pour une petite boîte pliable conçue pour être renvoyée à l’expéditeur, moyennant une gratification. DS Smith travaille, pour sa part, en partenariat avec Hipli.
Guerre commerciale
L’innovation est plus que jamais encouragée par un canal de vente qui aime les superlatifs. En 2024, 175 milliards ont été dépensés par les Français pour leurs achats sur Internet. C’est un record historique, avec une hausse de 9,6% par rapport à 2023. Preuve, s’il en est, que ce circuit de distribution s’est enraciné dans le quotidien. Pour la première fois depuis deux ans, les produits sont en progression de 6%, à 66,9 milliards d’euros. Les services, eux, poursuivent leur ascension, avec un chiffre d’affaires de 108,4 milliards d’euros, soit une percée de 12% en un an. Tels sont les principaux enseignements du bilan annuel sur la vente en ligne effectué par la Fédération de l’e-commerce et de la vente à distance (Fevad). Les chiffres de 2025 traduiront peut-être les conséquences de la guerre commerciale déclenchée à coups des droits de douane par Donald Trump, le président des États-Unis. Dans l’urgence, les chinois Shein et Temu ont vu dans l’Europe une planche de salut. En bon commerçant aux dents bien aiguisées, Amazon réplique immédiatement avec une nouvelle offre de prix bas : Haul.



