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[En images] La start-up Vaonis veut démocratiser l’astronomie avec un télescope made in France

La start-up française Vaonis a présenté cet automne son nouveau modèle de télescope intelligent. Assemblée en France, la station d'observation intègre une batterie de technologies pour simplifier l'observation du ciel étoilé.

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Vaonis télescope Vespera
Le télescope Vespera de Vaonis pèse moins de cinq kilos.

L’incertitude pèse sur les fêtes de fin d’année en 2020. De son côté, la start-up Vaonis prépare déjà Noël 2021. Basée à Montpellier (Hérault), l’entreprise a dévoilé début octobre un nouveau télescope connecté dont elle va bientôt lancer la production. Baptisé Vespera (soirée en latin), le produit a déjà rencontré un certain succès.

Plus de 2 millions d’euros récoltés

Vaonis a pulvérisé son objectif sur le site de financement participatif Kickstarter. Un jour avant la fin de la campagne, la jeune pousse a récolté 2,1 millions d’euros alors qu’elle visait simplement au départ 8 508 euros. Grâce à cette somme, l’entreprise souhaite construire au moins 2 000 exemplaires de Vespera, une version miniaturisée de sa première station d’observation commercialisée en 2018.

Vaonis télescopeVaonis
Vaonis télescope Vaonis télescope

Le télescope connecté permet de suivre ses observations sur un écran d'appareil mobile. (Crédit : Vaonis)

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Le prix, l’encombrement et la complexité des télescopes peuvent dissuader les néophytes. Avec Vespera, Vaonis souhaite conquérir ce public profane. «Il n’y a pas de doute sur le marché. Il y a des millions et j’espère des milliards d’êtres humains qui sont curieux de ce qu’il se passe au-dessus de leur tête», argumente Cyril Dupuy, président de Vaonis, contacté par L’Usine Nouvelle. Le confinement semble aussi renforcer l’intérêt des consommateurs pour le ciel étoilé. «Nous avons vu les ventes directes augmenter au printemps», assure le dirigeant. Certains soirs, l’entreprise a constaté une multiplication par deux voire par quatre du nombre d’observations réalisées avec ses télescopes.

Une technologie brevetée de traitement d’images

Vaonis décrit sa création comme un produit connecté hybride entre le télescope et l’appareil photo. Le télescope pèse moins de cinq kilos. En plus de contempler le ciel à travers la lunette, les utilisateurs peuvent accéder à leurs observations sur une application mobile. La start-up a développé plusieurs technologies pour valoriser des détails qui ne sont pas toujours visibles à l’œil nu : système de pointage et de suivi automatique, algorithme de traitement d’images breveté… Avec un système de géolocalisation, l'application recommande aussi des observations en fonction de la position de l'utilisateur : galaxies, nébuleuses, comètes, Lune...

L’astronomie nécessite tout de même un peu de patience. Chaque photo demande un temps de pose de 10 secondes. C’est en "empilant" des dizaines ou des centaines de clichés que le logiciel du télescope va générer une image du ciel de plus en plus précise. «Toute notre technologie et notre savoir-faire repose sur notre propriété intellectuelle de traitement d’images. Au fur et à mesure de l’observation, l’image s’améliore seconde après seconde. La galaxie ou la nébuleuse semble exploser à l’écran. Nous arrivons à créer une sensation très immersive malgré le fait que ce soit sur un écran», détaille Cyril Dupuy.

Nébuleuse d'Orion Vaonis
Nébuleuse d'Orion Nébuleuse d'Orion

La nébuleuse d'Orion observée grâce au télescope Vespera. (Crédit : Vaonis)

Le télescope intelligent peut aussi supprimer automatiquement les images non exploitables, lorsque des satellites ou des avions polluent le cliché. Une fonction de plus en plus utile alors que la multiplication des constellations de mini-satellites préoccupe la communauté astronomique.

Un produit assemblé en France chez APF 34

Fondée en 2016, la start-up a enregistré un chiffre d’affaires de 800 000 euros en 2019. Elle compte aujourd’hui une quinzaine de personnes. Dans l’équipe, on retrouve des experts en optique, en mécanique, en électronique ou encore en traitement des images. Pour la partie production, Vaonis s’appuie sur un partenariat avec APF 34, une entreprise adaptée également basée à Montpellier et spécialisée dans le câblage électrique et le montage électromécanique.

«Nous sommes sur un positionnement haut de gamme. Nous avons des produits qui continueront à être entièrement assemblés en France, avec le maximum de choses faites en France. La plasturgie, la fonderie et l’usinage seront faits en France», détaille le président. Le télescope intègre aussi des composants importés, notamment un capteur Sony IMX462 ultra-sensible en basse lumière.

Vaonis assemblage du télescope chez APF 34 à MontpellierVaonis
Vaonis assemblage du télescope chez APF 34 à Montpellier Vaonis assemblage du télescope chez APF 34 à Montpellier

Un poste d'assemblage d'un télescope Vaonis chez APF 34. (Crédit : Vaonis)

Vaonis et APF 34 vont travailler ensemble pour construire une nouvelle ligne de production afin de préparer le lancement du télescope Vespera fin 2021. L’investissement, qui pourrait être officialisé en janvier 2021, se compterait en centaines de milliers d’euros.

La fabrication des moules d’injection devrait débuter en décembre pour les parties en plastique et en aluminium du télescope. Les premiers télescopes Vespera étaient vendus à un prix d'appel d'environ 850 euros sur Kickstarter. Stellina, une version plus grande à 3 999 euros, est également proposé sur le site de Vaonis en Europe et en Amérique du Nord, principal marché de Vaonis.

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