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[En images] Comment les satellites Pléiades ont aidé les secours après la tempête Alex

Le travail des secours après le passage de la tempête Alex dans les Alpes-Maritimes a été facilité par des cartographies des dégâts. Celles-ci ont été établies par des experts à partir d'images satellitaires prises par les satellites Pléiades, opérés par le Cnes. Récit en images de leur collaboration.

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Le secteur Sud de Saint-Martin-Vésubie.

Des maisons disparues et des montagnes de boue… Depuis l’espace, les vallées de la Vésubie et de la Roya (Alpes-Maritimes) semblent méconnaissables. Le Centre national d'études spatiales (Cnes) a utilisé l’imagerie satellite pour documenter les conséquences de la tempête Alex dans l'arrière-pays niçois. Survenues dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 octobre, les crues ont fait au moins quatre morts et huit personnes disparues.

Le Cnes a programmé dès le samedi 3 octobre les deux satellites Pléiades. Construits et opérés par Airbus, ces instruments d’observation de la Terre ont été placés en orbite en décembre 2011 et décembre 2012 à 694 kilomètres d’altitude. Depuis, les appareils sont régulièrement mobilisés en cas de catastrophe naturelle, d’accident industriel ou de crash aérien, outre des applications militaires.

Une vue sur tous les points du globe

"Les Pléiades sont très utilisés car leur positionnement de part et d’autre de l’orbite, à 180 degrés, leur permet de voir quotidiennement tous les points du globe, ce qui assez rare, fait valoir Claire Tinel, représentante du Cnes auprès de la charte internationale "Espace et catastrophe majeure". De plus, ils sont très réactifs, agiles, dans le sens où ils peuvent pivoter sur eux-mêmes pour imager vers l’est ou l’ouest et pas seulement juste sous eux, et très rapides pour prendre beaucoup d’images à la fois."

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Les premières images des crues dans les vallées de la Vésubie, de Roya et de la Tinée ont été prises dimanche 4 octobre, à partir des onze zones d’intérêts définies par la Sécurité civile française. Mais le temps nuageux ne permettait pas leur exploitation. C’est un temps plus dégagé le lendemain qui a permis, à 10 heures UTC, d’obtenir des images exploitables.

(Exemple avec la zone de Roquebillière, @CNES 2020, distribution Airbus DS @ SERTIT 2020 @ESRI World Imagery, DigitalGlobe)

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De l'image satellitaire brute à la cartographie des dégâts

Elles ont été mises à disposition de la Sécurité civile française 1h15 seulement après leur acquisition, contre 4h en moyenne, une rapidité qui s’explique par le fait que les satellites sont passés au-dessus de la France, et ont donc été en visibilité directe avec l’antenne sol située dans l’enceinte d’Airbus Geo Intelligence, à Toulouse (Haute-Garonne).

Reste qu’il n’est pas facile de tirer toute la valeur des informations à partir de ces images brutes. C’est là qu’entre en scène le Service National de Traitement d’Image et de Télédétection (SERTIT), basé à Strasbourg (Bas-Rhin). "A partir des images des Pléiades, les experts en photo-interprétation d’images satellites du SERTIT ont construit des cartes des dégâts, détaille Claire Tinel. Ils ont regardé l’élargissement des rivières, identifié les habitations et ponts emportés, celles endommagées et tous les endroits où les routes étaient bloquées. Ce sont des cartes plus faciles à partager (c’est-à-dire à imprimer et visualiser sur tablettes) et utiliser pour les secours."

(Exemple dans le secteur Sud de Saint-Martin-Vésubie)

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Résolution de 70 centimètres, 30 bientôt ?

Ce sont ces informations interprétées qui ont constitué un véritable outil d’aide à la décision pour les secours, notamment pour savoir quelles zones secourir en premier et comment y accéder.

Rappelons que l’instrument optique des satellites Pléiades a été réalisé par Thales Alenia Space. Il assure une très haute résolution de 70 centimètres. Bientôt, Airbus se dotera d’instruments encore plus performants. Deux premiers satellites Pléiades Neo avec une résolution de 30 centimètres doivent être lancés début 2021.

Par Simon Chodorge et Marion Garreau

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