Du PP plutôt que de l’aluminium pour améliorer le recyclage

Deux ans après le lancement de l’appel à projets de Citeo sur les opercules en aluminium, Andros, Yéo Frais et Yoplait proposent des alternatives compatibles avec le recyclage des pots en polypropylène.

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Opercules PP / Citeo
Andros, Yéo Frais et Yoplait proposent des solutions en polypropylène qui répondent aux recommandations du Cotrep.

Fromage blanc, crème fraîche, dessert, rillettes… Au rayon frais, les pots en polypropylène (PP) sont dotés d’un opercule en aluminium pour garantir la conservation du produit. Mais cet élément perturbe le recyclage des emballages. Pour favoriser des alternatives, Citeo avait lancé un appel à projets en 2023. Les trois lauréats, Andros, Yéo Frais et Yoplait, proposent des solutions en PP.

Des défis techniques à relever

L’opercule en aluminium associé à un emballage rigide en PP est actuellement classé « en orange » - compatibilité limitée, à éviter – dans les recommandations du Centre technique pour le recyclage des emballages plastiques (Cotrep). En effet, chez les régénérateurs de PP, l’aluminium entraîne des pertes de matière, accroît les coûts de traitement et diminue la qualité de la matière recyclée par la présence d’inclusions métalliques et, par conséquent, de défauts d’aspect. L’appel à projets lancé par Citeo en mars 2023 visait à faire émerger des solutions alternatives plus conformes aux prescriptions du Cotrep. L’éco-organisme a retenu trois projets, tous basés sur le PP, qui nécessitent encore de relever certains défis techniques avant un déploiement à grande échelle.

Dépilage et scellage

Chez Andros, les difficultés ont porté sur le tuilage des opercules, leur dépilage, leur pelabilité, des déchirures de la couche d’impression liées à la température et un cisaillement au niveau du cordon de soudure. Le fabricant de yaourts, desserts et produits végétaux travaillent avec ses fournisseurs sur une nouvelle composition de l’opercule, la modification des équipements de production, l’élargissement du cordon de soudure ou l’ajout d’un isolant thermique. Les prochains essais concerneront aussi le dépilage et le scellage.

Solution repositionnable

De son côté, Yéo Frais a œuvré sur un remplacement par des opercules en PP semi-rigides sur ses pots de crème fraîche et yaourt, pour, en même temps, supprimer le couvercle en polyéthylène téréphtalate (PET). L’objectif est de ne conserver qu’un seul élément de fermeture et d’aboutir à un emballage monomatière. Comme l’opercule doit rester repositionnable et fonctionnel, les points critiques concernent, là aussi, le dépilage et l’ajustement des paramètres de scellage selon la température requise. Pour les surmonter, la laiterie toulousaine travaille sur la mise en place de garnitures interchangeables sur les lignes de conditionnement, le développement d’un magasin d’opercules offrant une meilleure stabilité et la mise au point de scellages spécifiques sans affecter les cadences. Elle finalise actuellement les validations industrielles de ses nouveaux outillages.

Cadences et performances

Quant à Yoplait, la filiale de Sodiaal a fait le même choix d’un opercule en PP sur ses pots de crème fraîche. Mais sa planéité varie en fonction du stockage et du gaufrage. En outre, le matériau est sensible à la chaleur et ne tolère qu’une faible plage de température de scellage. Autre exigence : un diamètre parfaitement adapté aux lignes existantes. Des tests en conditions industrielles réelles sont réalisés pour vérifier la compatibilité avec les cadences et performances des lignes et évaluer l’impact organoleptique, compte tenu de la sensibilité des produits. « La prochaine étape consistera à synthétiser l’ensemble des impacts en termes de coûts, de délais et de faisabilité », annonce Yoplait.

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