Une première en France, mais également dans le monde, pour le groupe… Les dirigeants de DS Smith France, Thibault Laumonier en tête, n’étaient pas peu fiers, hier, 15 octobre, d’accueillir la presse dans leur usine de Neuville-aux-Bois (Loiret) pour lui présenter leur dernier investissement, une ligne de découpe et de rainage numérique Highcon Beam 3. « Il s’agit de la première machine de cette génération dans le monde, nous allons faire de cette usine un site pilote pour les petites et moyennes séries, et pas seulement, car cette technologie va nous permettre de proposer de nouveaux services à nos clients », détaille le Pdg de la filiale française du cartonnier britannique.
Le procédé, qui permet de rainer le carton via la dépose de traits de polymères sur une plaque en polyester, puis, de le découper au moyen d’un laser, n’est pas nouveau en soi. Il a néanmoins nécessité une bonne dizaine d’années afin d’être amélioré par la société israélienne qui l’a conçu. « Nous nous y sommes intéressés il y a deux ans, mais nous avons mis tout le temps qu’il fallait avant de franchir le pas, car il nous fallait une solution qui soit industrielle et fiable », indique Thibault Laumonier. DS Smith a investi « entre 2 et 3 millions d’euros » dans cette machine qui a été installée il y a tout juste deux mois pour un démarrage des activités il y a quelques jours.
Première machine de ce type à être installée dans le monde, la Beam 3 de Highcon est dédiée au rainage et à la découpe numérique. La machine peut traiter des plaques en carton à partir de 700 x 500 mm et jusqu’à 1060 x 760 mm à une vitesse maximale de 5000 feuilles par heure. L’installation, qui dispose de 7 stations, effectue, après le repérage, le rainage en appliquant des traits de résine plus ou moins hauts sur une feuille de PET montée sur un cylindre. La résine est durcie au moyen d’une lampe UV. La découpe est effectuée au moyen de 3 têtes laser fixes. Le décorticage conclut le process. Il est réalisé au moyen d’un rouleau à picots et d’une brosse.
Réactivité
Le cartonnier, comme la plupart des ses concurrents, est confronté à une tendance lourde, celle de la baisse des séries de production. De même, la volatilité de la demande s’accentue, en particulier sur les marchés des vins et spiritueux et de la cosmétique, qui, avec l’alimentaire, constituent les principaux débouchés du site de Neuville-aux-Bois. « Il faut sauter sur les occasions, c’est la réactivité qui va nous permettre de gagner les affaires, et dans cet objectif la découpe laser est un outil qui peut nous donner un atout concurrentiel », argumente Armand Chaigne, directeur général de la division Consumer. Il est vrai qu’avec dix minutes de réglages, contre une demi-heure pour une autoplatine classique, dix plaques de carton gâchées contre une centaine, et, surtout, la possibilité de se passer complètement des outillages de découpe – et d’économiser sur les délais (de une à trois semaines) et les coûts (entre 1000 et 2000 euros) relatifs à leur obtention – la Beam 3 bouleverse quelque peu le paradigme du façonnage, étape indispensable du process de fabrication d’une caisse en carton. DS Smith prévoit de s’en servir pour les commandes allant de 10 à 15 000 exemplaires. Il restera, pour Highcon, à élargir le format, aujourd’hui limité à des plaques de 1060 x 760 mm et l’épaisseur maximale, de 2 mm, pour permettre aux cartonniers de traiter une plus large gamme de produits, par exemple des présentoirs sur le lieu de vente (PLV) ou des emballages de grande taille.

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TP Finesse de découpe
« Nous avons découvert des fonctionnalités qui vont bien au-delà de l’intérêt économique et environnemental du façonnage de petites séries, comme la finesse de découpe du laser qui nous permet de réaliser de très petites ouvertures dans le carton, impossibles à obtenir sur une autoplatine traditionnelle », explique Armand Chaigne. Une « finesse » qui, conjuguée à la souplesse du matériel, permet ainsi réaliser des décors ouvragés ressemblant à des arabesques, des marquages, voire même d’assouplir le carton pour lui conférer des propriétés élastiques, par exemple pour caler les produits. « C’est presque de la haute couture, l’un de nos clients nous a demandé de réaliser une grappe de raisin, c’était très réussi, l’expérience client en ressort complètement renouvelée, explique Armand Chaigne. Grâce à ce procédé, nous allons pouvoir réinventer les fonctions de l’emballage. » Les clients, justement, ont déjà commencé à affluer à l’usine de Neuville-aux-Bois pour admirer la machine et ses produits.
Promotions et ouvertures faciles
Les premiers retours positifs proviennent en l’occurrence du secteur des vins, les vignerons, viticulteurs et autres négociants y voyant un potentiel pour les promotions, alors que les industriels de l’agroalimentaire pensent pouvoir créer des ouvertures faciles sans Tircel plastique. Un opérateur de la téléphonie mobile a quant à lui pensé à se servir d’un carton ainsi ouvragé en tant que fourreau. Bref les idées ne manquent pas…
Enfin, et c’est un aspect qui est loin d’être négligeable, DS Smith estime qu’en investissant dans cette technologie, en totale rupture avec le passé, il se donne aussi les moyens d’attirer, et de fidéliser, les jeunes recrues. Hasard ou coïncidence, l’équipe dédiée au pilotage de la machine à Neuville-aux-Bois, est composée de profils ne dépassant pas les 30 ans. « L’absence de bruit, la technicité du matériel, la facilité de programmation sont des choses qui parlent aux jeunes », remarque Arnaud Pilté, responsable de production. À l’heure où les difficultés de recrutement sont une épée de Damoclès pour les industriels de l’emballage, le numérique représente sans aucun doute une carte à jouer pour un grand nombre d’entre eux.



