Ce sera le « plus grand site hybride de recyclage en France », annoncent conjointement Dow et Valoregen. À Damazan (Lot-et-Garonne), les deux partenaires vont construire une usine de recyclage de déchets plastique qui associera les technologies mécanique et chimique. Opérationnelle au premier trimestre 2023, elle disposera d’une capacité de traitement de 28 000 tonnes d’emballages souples ménagers, industriels et commerciaux, voire agricoles, en polyéthylène (PE) par an. A terme, 70 000 tonnes de déchets plastique seront recyclés chaque année sur le site. L’investissement, soutenu par le département du Lot-et-Garonne et la région Nouvelle-Aquitaine, s’élève à quelque 17 millions d’euros. Il s’accompagnera de la création de 45 emplois directs. « Cette collaboration entre Dow et Valoregen vise à produire les premiers plastiques souples à base de PE recyclé ayant une empreinte carbone neutre », souligne Fabrice Digonnet, responsable de la stratégie de recyclage mécanique chez Dow.
taux de rendement supérieur à 80%
Créé en 2019 par Thierry Perez, un ancien de Derichebourg, l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) et de Cyclea, une société d’économie mixte de traitement de déchets conventionnels, Valoregen fait cohabiter une ligne de recyclage mécanique et une autre de recyclage chimique, d’où le qualificatif « hybride ». Grâce à cette combinaison, la start-up espère optimiser les performances des traitements, avec un taux de rendement supérieur à 80%. « Ce qui est bien plus élevé que la moyenne des recycleurs conventionnels de plastiques souples, qui est d’environ 60% », déclare Thierry Perez. Elle contribuera également à réduire de plus de 28 000 tonnes par an les émissions de carbone globales de ces processus en limitant le transport des déchets vers des sites séparés. L’usine de Damazan produira dans un premier temps 15 000 tonnes de granulé R-LoopGen issus du recyclage mécanique et 13 000 tonnes d’huile de pyrolyse. Dow, qui apportera son expertise dans le recyclage chimique, sera le principal destinataire de cette matière secondaire, qu’il intégrera dans ses polymères de la gamme Revoloop. Le groupe américain précise que cet accord est essentiel à la réalisation de son engagement d’incorporer au moins 100 000 tonnes de plastique recyclé dans son offre de produits vendus dans l’Union européenne d’ici à 2025.



