Reportée en raison de l'épidémie de Covid-19, la 4ème édition du sommet Choose France s'ouvre ce lundi 28 juin. Avant de recevoir au château de Versailles (Yvelines) près de 120 dirigeants d'entreprises étrangères, le président Emmanuel Macron doit se rendre à Douai (Nord) pour visiter la future usine de batteries du chinois Envision, qui servira à équiper les voitures électriques du constructeur Renault.
Zalando investit 300 millions
Avec un investissement potentiel de deux milliards d'euros et 2 500 créations d'emplois d'ici à 2030, le spécialiste des énergies vertes s'impose en effet comme la star du forum. L'usine fournira notamment les batteries de la future R5 de Renault, ce qui pourrait permettre au constructeur de produire 400 000 véhicules électriques chaque année dans les Hauts-de-France, au sein de sa filiale ElectriCity. Pour atteindre cet objectif, Renault a également annoncé prendre une participation de plus de 20 % dans Verkor, une start-up grenobloise spécialisée dans le développement de cellules de batteries pour voitures électriques.
C'est à Zalando que l'on devra certainement le deuxième investissement le plus important de ce sommet. L'entreprise berlinoise de mode en ligne veut implanter un deuxième site en France, doté d'un entrepôt hautement automatisé. Environ 300 millions d'euros devraient être mis sur la table, et près de 2 000 emplois créés.
Afin de faire passer de 7 500 à 15 000 le nombre de personnes qu'il accompagne vers l'emploi, le spécialiste de l'intérim Adecco a également annoncé des investissements. Le groupe suisse s'engage notamment à disposer d'ici à 2023 de 150 agences françaises destinées aux personnes éloignées du marché du travail, contre 100 aujourd'hui. Côté numérique, le réseau social Snapchat devrait ouvrir à Paris son premier studio de réalité augmentée, qui formera les acteurs de la culture et les enseignants aux enjeux de la réalité virtuelle.
Miser sur la santé
443 millions d’euros d’investissements en France ont été annoncés en santé, avec des projets sur tout le territoire, et un minimum de 745 emplois créés. Sur cette enveloppe, 268 millions d’euros portent sur des projets industriels. Le laboratoire allemand Merck promet de créer 500 emplois et d’engager 175 millions d’euros sur le territoire, dont 100 millions lors des deux prochaines années pour des investissements récurrents sur l’ensemble de ses six sites de R&D et sept sites de production. 25 millions d’euros seront injectés sur son site de Molsheim (Bas-Rhin) pour une unité de poches stériles, un projet dévoilé en mars dernier avec la promesse de 350 emplois supplémentaires sous deux ans. Et 50 millions d’euros seront investis sur le site de Merck à Martillac (Gironde) pour y renforcer les capacités de bioproduction (médicaments biologiques innovants), et y créer 150 emplois d’ici à 2024.
Le laboratoire danois Novo Nordisk, spécialiste mondial de l’insuline, va injecter 50 millions d’euros jusqu’en 2022 à Chartres (Eure-Et-Loir) pour installer une ligne d’assemblage et de conditionnement d’un nouveau traitement pour le diabète de type 2, et transférera aussi sur le site des activités de formulation, de remplissage et de conditionnement de flacons d’insuline humaine depuis son complexe de Kalundborg au Danemark. Toujours dans les produits de santé, les Laboratoires Anios, filiale de l’Américain Ecolab, vont investir 5 millions d’euros dans l’usine de Sainghin (Nord) pour rapatrier des volumes sous-traités à l’étranger. 20 emplois seront créés jusqu’en 2022. Ecolab investira aussi 15 millions d’euros pour digitaliser et moderniser les outils de production des Laboratoires Anios en France.
Dans le domaine du digital, le spécialiste américain des neurosciences, Biogen, annonce 175 millions d’euros d’investissements et le recrutement de 100 salariés au cours des 5 prochaines années, afin de renforcer son hub mondial de santé digitale à Paris. Les efforts portent sur l’ingénierie, les data sciences, les technologies digitales et les capacités scientifiques pour accroître les compétences dans le domaine de la médecine digitale personnalisée dans les neurosciences, ainsi que pour muscler les partenariats dans le digital.
Dans le secteur des dispositifs médicaux, l’allemand B.Braun engage 15 millions d’euros, pour une quinzaine d’emplois potentiels, pour une ligne de production inédite en Europe d’aiguilles micro-chirurgicales à Sarlat (Dordogne) et pour augmenter ses capacités de production de prolongateurs de perfusion à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir). Le japonais Iris Ohyama finalise pour cet été un investissement de 8 millions d’euros et la création de 110 emplois supplémentaires pour ajouter 30 lignes de production de masques chirurgicaux dans son usine de Lieusaint, en Seine-Et-Marne. Enfin, l’allemand Hartmann engage 25 millions d’euros sur son usine de Lièpvre (Haut-Rhin) pour ajouter une ligne de production de pansements pour diabétiques.
Papier et soudure
L'industrie n'est pas en reste : le norvégien Norske Skog, acteur mondial du papier de publication, investit 280 millions d'euros sur son site de Golbey (Vosges), afin de développer sa production à partir du papier de presse vers du papier ondulé pour l’emballage. Spécialiste du conditionnement alimentaire, le Suédois Tetrapak a choisi le site de Châteaubriant (Loire-Atlantique) pour investir 100 millions dans la création de 10 nouvelles lignes de production de bouchons d’origine végétale, créant ainsi 30 nouveaux emplois.
L'entreprise américaine Westinghouse doit dévoiler un investissement de 62 millions d'euros, qui servira à créer un pôle de compétences spécialisé dans la soudure. Les 60 personnes qui seront recrutées à Chaponnay (Rhône) interviendront sur le parc nucléaire français. Porté par le succès de son robot culinaire Thermomix, le fabricant allemand Vorwerk va investir en France 40 millions d'euros sur trois ans, et embaucher 850 nouveaux employés sur son site du Cloyes-sur-le-Loir (Eure-et-Loir).
Après avoir très récemment annoncé un partenariat avec la NASA, l'entreprise Procter & Gamble mise elle aussi sur la France. La multinationale américaine spécialisée dans les biens de consommation courante va investir 40 millions d'euros supplémentaires sur son site situé à Amiens (Somme) pour accroitre ses capacités de production et trouver des méthodes de fabrication plus écologiques pour ses lessives en dose. La maison-mère d'Ariel, Dash et Lenor emploie aujourd'hui 2 000 personnes au sein de nos frontières.
Dynamisme de l'agroalimentaire
Mars, le géant américain de l'agroalimentaire, sera également de la partie. Pour sa filiale d'alimentation animale Royal Canin, il prévoit d'investir 46 millions d'euros, qui serviront aussi bien au développement de son siège que de celui de son laboratoire ou de ses usines de Cambrai (Nord) et d’Aimargues (Gard) et sur son siège et laboratoire à Aimargues. Son site d’Haguenau (Bas-Rhin) recevra également 18 millions d'euros. Spécialisé dans la production de fromages, l'allemand Hochland a lancé un vaste plan de modernisation du site de Dieue-sur-Meuse (Meuse) de près de 90 millions d'euros. Il prévoit entre autres la mise aux normes de l’usine pour les 30 prochaines années, le recours aux énergies renouvelables, l’automatisation et le développement de nouvelles capacités d’innovation.
Dans l'alimentaire toujours, l'américain Mondelez va reconstruire son usine de Jussy (Aisne), victime d’un incendie en septembre 2020, intégrant de nouvelles technologies qui la rendront plus performante et dotée d’une plus grande capacité de production. L’investissement de 50 millions d'euros permet le maintien de 150 emplois. Enfin l'espagnol Vicky Foods, qui produit notamment des viennoiseries et des pains, a choisi la France pour son premier investissement à l’international. Une unité de production sur un site en Saône-et-Loire mobilisera un investissement de 62 millions d'euros sur trois ans et créera 250 emplois à terme.
Le récap des projets :
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