Rafler la mise, réussir le grand chelem, toucher le pactole... Autant d'expressions qui conviennent pour décrire le succès rencontré par les équipes de Thales pour imposer le groupe comme l'un des fournisseurs majeurs du système Galileo de deuxième génération. Le fabricant ne se contentera pas de fournir six des douze satellites de la constellation, prestation pour laquelle il a déjà été retenu en 2021 aux côtés d’Airbus Defence & Space.
Le groupe a en effet rendu public le 20 juillet des nouveaux contrats signés pour le compte de la Commission européenne, qui a voulu que l’Europe dispose de son propre système de navigation par satellites au même titre que les Etats-Unis, la Russie ou la Chine. Grâce à son expertise à la fois dans les système satellitaires et les solutions de cybersécurité, il décroche ainsi plus de 360 millions d'euros de contrats !
Le premier contrat porte sur la conception et la réalisation du segment sol de mission des satellites Galileo de deuxième génération (G2G) incluant un support technique à l’ingénierie du système. Signé avec l’Agence spatiale européenne, il correspond à un montant de plus de 300 millions d’euros. La seconde version de ce segment sol sera responsable à la fois de la mission des satellites Galileo de première et de deuxième génération. «Il générera et assurera la transmission montante des services de navigation vers les satellites Galileo, et maintiendra la synchronisation des satellites avec une référence temps commune, offrant ainsi des performances de positionnement, navigation et de temps à l’état de l’art à plus de quatre milliards d’utilisateurs dans le monde», précise encore dans un communiqué Thales Alenia Space, filiale commune au groupe Thales (67%) et à son partenaire italien Leonardo (33%).
Protéger les satellites des ordinateurs quantiques
Le second contrat porte sur la cybersécurité du système Galileo. Il a été attribué à Thales pour un montant de plus de 60 millions d’euros. «Thales sera en charge de l’ensemble des éléments liés à la sécurité et à la résilience de G2G : architecture, équipement de sécurité et protection contre les cyberattaques en termes de détection et réponse», explique l'industriel.

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La solution à mettre en place doit permettre de mieux détecter les cybermenaces et de les neutraliser. Le groupe devra s’assurer notamment que la sécurité du futur système Galileo ne sera pas fragilisée par l’arrivée des ordinateurs quantiques, capables de casser les algorithmes cryptographiques existants. Thales devra aussi veiller à ce que la transition du système de première génération vers la deuxième génération se fasse dans les meilleures conditions de sécurité.
En avril dernier, Thales avait démontré la fragilité des systèmes satellitaires face aux cyberattaques. A l’occasion d'un exercice de simulation mené en partenariat avec l’Agence spatiale européenne, le groupe avait prouvé que des pirates pouvaient prendre le contrôle à distance d’un satellite d’observation et trafiquer ses images en exploitant les vulnérabilités de son système de bord.



