« En assemblant des roues et des bras, vous obtenez un Aru », résumeTitouan Le Marec, le fondateur et directeur général de Nimble One, en présentant son robot modulaire. Derrière son apparence simple se cache une architecture mécanique décentralisée qui résout les problèmes de déplacement, permettant ainsi au robot d'accomplir diverses tâches de maintenance et d'inspection de manière autonome ou téléopérée dans des environnements industriels.
Le parcours de Titouan Le Marec, qui a débuté en 2016 à l'ENSTA Paris et s'est poursuivi avec un double diplôme à Polytechnique Montréal, a conduit à la création de Nimble One en 2021. Son objectif : développer un robot capable d'accéder à des milieux contraints tout en évitant l’architecture robotique classique. « Du point de vue de la conception du système, un corps central peut sembler pratique, mais en réalité, il limite la mobilité, les interactions et les fonctionnalités d'un robot », souligne Titouan Le Marec. D'où le choix d'une architecture décentralisée pour Aru.
Des jambes qui peuvent devenir des bras
Ce robot est doté de quatre points de contact avec huit membres au total. Chaque membre est équipé d'une roue et est relié aux autres, formant ainsi une boucle. Cette conception permet au robot d'adapter sa morphologie à la mission à accomplir. « C'est un concept simple, et c'est précisément ce qui fait la force de notre robot », commente le fondateur.
Aru a été pensé pour intégrer dans sa structure mécanique des capacités d'interaction. Concrètement, lorsque la boucle du robot s'ouvre, les jambes deviennent des bras pour manipuler des objets. Un avantage par rapport aux autres robots « qui sont obligés de se rajouter un bras, juge-t-il. Cela augmente le volume, compromet la stabilité du robot et réduit la capacité d'emport. »
Nimble One Arut se déplace entre 0,5 et 2m/s et change de forme en quelques secondes offrant ainsi quatre modes d'opération distincts. En tant que rover, il peut se déplacer avec agilité tout en s'adaptant aux obstacles et peut supporter une charge de 100 kg. Il peut également marcher et imiter le mouvement des robots quadrupèdes pour franchir des escaliers.
En ouvrant sa boucle, Aru peut se transformer en serpent pour explorer des zones étroites telles que des canalisations, se glisser sous des machines et traverser des décombres. Il peut également se dresser jusqu'à 1,6 mètre de hauteur pour agir avec les outils dont il est équipé et accomplir diverses tâches, comme la collecte d'échantillons pour détecter de l'amiante ou de la radioactivité, la manipulation d'outils de soudure et l'ouverture de portes. Grâce à sa polyvalence, Aru peut explorer près de 80 % des installations d'un site industriel, selon la société. Sa seule limitation : « grimper au mur », ajoute Titouan Le Marec.
Un robot gagnant en autonomie
Le robot peut être télécommandé par un opérateur pour suivre une trajectoire. Mais il est équipé de caméras stéréo et d'algorithmes de réseaux neuronaux pour permettre une certaine autonomie, éviter les obstacles et effectuer des mouvements complexes. Contrôlé par une interface mobile, Aru rejoue les actions apprises pour réaliser de nouvelles tâches tout en améliorant la compréhension de son environnement, précise le directeur général.
Aru bénéficie également d'une autonomie de batterie de plus d'une heure et peut rester en position même en cas de coupure d'alimentation, « ce qui le distingue des robots quadrupèdes traditionnels ». En cas de panne de batterie ou de composant défectueux, l'opérateur peut désassembler et changer le bras robotique en moins de 30 minutes.
Lancement d'une première levée de fonds
La prochaine étape pour Nimble One est le déploiement de son prototype de présérie, le Aru V3, cet automne. Cette version améliorée vise à finaliser la partie mécanique du robot et à sécuriser la chaîne d'approvisionnement pour une production industrielle. La start-up prévoit de produire une dizaine d'exemplaires en partenariat avec Usitech dans la région toulousaine au cours des deux prochaines années.
Pour soutenir cette phase, Nimble One annonce le lancement de sa première levée de fonds en seed, ce qui lui permettra de développer davantage son programme early adopters et d'explorer de nouvelles collaborations avec des partenaires industriels pour des cas d'utilisation spécifiques.



