« Un gisement d’au moins 10 gigawatts », selon Edouard Roblot, directeur Bâtiments Bas Carbone chez Idex, énergéticien indépendant spécialisé en bas carbone et en transition énergétique : c’est la puissance que pourrait représenter l’équipement des parkings d’au moins 1500 mètres carrés en ombrières photovoltaïques. Une obligation légale depuis mars 2023, qui impose qu’au moins la moitié de ces parkings soient équipés d’ici à 2028.
« Ce n’est pas un chiffre négligeable, précise-t-il, puisqu’à titre de comparaison, fin 2022, en France 16 GW de panneaux photovoltaïques avaient été installés. On pourrait donc doubler les capacités solaires en France, sans utiliser un seul mètre carré non artificialisé ». Pour un parking d’environ 400 places, « la production est de l’ordre de 1 mégawatt-crête, soit de quoi alimenter 200 à 250 foyers », pointe Edouard Roblot.
Des installations de 1,2 à 1,5 million d'euros
Ce type d’installation, l’entreprise en a fait sa spécialité : « Nous développons le projet, d'un point de vue technique et d'un point de vue économique, on va s'occuper des autorisations administratives, on va le construire, le mettre en service et l'exploiter sur des durées de 20 à 30 ans. » Chaque installation, dont le coût est compris entre 1,2 et 1,5 million d’euros, fait l’objet d’une conception spécifique, qui prend en compte aussi bien la nature du sol, les contraintes naturelles, mais aussi l’environnement au sens des activités humaines et économiques - par exemple on ne met pas d’électricité à proximité d'une cuve d’hydrocarbure. « Nous avons aussi développé un savoir-faire pour les parkings proches d’héliports, afin que les ombrières n’éblouissent pas les pilotes », détaille Edouard Roblot. De l’étude précédant la conception à la livraison de l’installation, dix-huit mois sont nécessaires.
Une installation couplée avec des bornes de recharge
L’électricité ainsi produite est généralement autoconsommée, la plupart du temps par le propriétaire du parking. « Nos clients sont des hôpitaux, des usines ou des supermarchés qui ont des besoins très forts en journée, explique-t-il. Mais si tout n’est pas consommé, nous allons alimenter le voisinage dans un rayon de 2km ». Pas de système de stockage nécessaire donc, mais « nous couplons systématiquement nos systèmes avec des bornes de recharge pour des voitures électriques ».
Actuellement, Idex est déjà sur une trentaine de chantiers. « Le passage de cette loi a vraiment été un game changer dans l’ampleur de l’intérêt pour cette solution », conclut Edouard Roblot.



