"Air France est prête pour le transport des vaccins contre le Covid-19", assure un porte-parole de la compagnie aérienne. Mise en place d’un task force interne pour anticiper les besoins, études de différents scénarios suivant les quantités et les destinations… Si Air France peut faire valoir son expérience acquise dans le transport de masques depuis le printemps dernier, l’entreprise s’attèle cette fois-ci à un défi logistique d’une toute autre ampleur, en particulier au niveau de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, premier aéroport en Europe pour les activités de fret aérien.
En septembre dernier, le directeur général de l'Association internationale du transport aérien (IATA), Alexandre de Juniac, avait qualifié le transport de ces vaccins de « mission du siècle ». La tâche est titanesque pour le transport aérien - qui pourrait se répartir l’effort à 50/50 avec le transport terrestre - : la livraison d’une dose à 7,8 milliards de personnes remplirait quelque 8 000 avions cargo de type Boeing 747. Sachant que certains vaccins pourraient nécessiter plusieurs injections, le balai des avions cargo dans le ciel promet d’être intense, les ponts aériens reliant pays producteurs et consommateurs.
Respect de la chaîne du froid
Pour contribuer à l’enjeu capacitaire, Air France peut compter sur ses avions tout-cargo, deux Boeing 777, capable d'emporter chacun quelque 1,2 million de doses de vaccins. Mais la compagnie aérienne mise également sur sa flotte de 99 avions long-courrier : chaque soute peut potentiellement contenir environ 400 000 doses. A l’échelle du groupe Air France-KLM, la flotte se compose de 150 gros porteurs et de 6 avions cargo. Par ailleurs, Air France est membre d’un groupe de travail lancé par l’Air Cargo France Association qui rassemble tous les acteurs de la chaîne logistique (transitaires, aéroports, compagnies aériennes, douanes…) lancé en 2017. Une initiative qui vise à s’assurer que les opérations seront fluides et coordonnées.

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Reste qu’Air France, comme toutes autres compagnies aériennes, va devoir s’atteler un défi technique : celui du respect de la chaîne du froid. La France n’est pas novice en la matière. L’aéroport Paris Charles-de-Gaulle est doté d’un entrepôt spécialisé de 3 500m² pour le stockage des produits thermosensibles entre +2 °et +8°C. En outre, sa branche Air France Cargo assure depuis vingt ans le transport de produits pharmaceutiques, tels que les vaccins et les médicaments. « Air France-KLM Martinair Cargo a d’ailleurs été la première compagnie de fret au monde à être certifiée CEIV par IATA, certification spécifique au transport de ces produits », souligne-t-on au sein de la compagnie aérienne.
Privilégier les trajets directs
Une norme qui définit les standards nécessaires au transport de ces produits particuliers, un sésame qu’Air France va pouvoir mettre à profit. Les vaccins devront être transportés à -20°C voire à -80°C pour certains, impliquant l’utilisation de conteneurs ou d’emballages spécialisés. De vastes caisses qui permettent notamment un suivi de température, enregistré à distance par un centre de contrôle. Elles sont elles-mêmes transportées à bord de l’avion à une température contrôlée, habituellement entre 2 à 8°C. Une fois acheminées sur les tarmacs, les doses sont transférées et prises en charge par le transport routier.
"L'ACFA travaille actuellement sur de nouvelles pistes d'amélioration afin d'accroître le niveau de performances de l'aéroport Paris Charles-de-Gaulle dans la gestion des flux de vaccins", fait savoir Air France. Un exemple : une réduction du temps de passage des vaccins sur l’aéroport via des procédures de dédouanement. Mais l’enjeu mondial du transport de ces vaccins incite l’AFCA à aller plus loin. Elle apporte notamment son soutien aux positions exprimées par IATA qui préconise des assouplissements à apporter aux droits de trafic aérien "pour privilégier les trajets les plus directs possibles entre les lieux de production des futurs vaccins et le territoire français, ou réciproquement depuis la France vers les pays nécessitant des approvisionnements en vaccins ou en substances actives venant de France".



