« 2023 a été une année record pour la collecte », attaque d’entrée Nicolas Defrenne, directeur général de Soren lors de la présentation à la presse du rapport d’activité 2023 de l’éco-organisme dédié à la collecte et au traitement des panneaux photovoltaïques usagé, mardi 4 juin. 5207 tonnes de panneaux ont ainsi été collectés (contre 3848 tonnes en 2022). « Et c’est surtout pour la première fois une inversion de la courbe, ajoute-t-il, puisque depuis 2021, on avait une collecte en baisse année après année ».
Record aussi du côté des contributions perçues auprès des metteurs sur le marché puisque 8 304 000 euros d’éco-participation ont été payées à Soren (pour un chiffre d'affaires total de 9,5 millions d’euros). « Nous sommes sur une dynamique extrêmement positive et forte », se réjouit le directeur général.
Développer une filière de valorisation du silicium et de l'argent
La filière française du recyclage est en effet en pleine structuration, avec un accent particulier mis sur la valorisation des matériaux à forte valeur ajoutée que sont l’argent et le silicium. Actuellement, les taux obligatoires européen et français de valorisation sont respectivement de 85% et 87% du poids des panneaux.
Sauf qu’un panneau photovoltaïque, c’est 70% de verre qui ne représente que 10% de la valeur du panneau. A titre de comparaison, le silicium, qui constitue 2,9% du poids, représente 40% de la valeur du panneau, et l’argent, 0,08% du poids, en représente 20%. « Pour faire simple, la cellule représente 60% de la valeur matière pour un peu moins de 3% du poids », résume Nicolas Defrenne.
« Or ce qui nous intéresse, au-delà de respecter les obligations légales, c’est d’aller chercher la valeur matière là où elle se trouve ». L’éco-organisme est ainsi parvenu à valoriser 91,5% des panneaux collectés auprès de ses 461 adhérents producteurs et ses 276 points d’apport volontaire.
150 000 tonnes à collecter et recycler en 2040
A cet égard, l’inauguration en 2023 de l’usine de la start-up Rosi Solar, en Isère, « sans doute la plus avancée au monde en termes de valorisation de l’argent et du silicium », a été une étape importante. Néanmoins, selon le directeur général, « il y a encore beaucoup à faire sur la qualité de la valorisation. Rosi Solar, c’est ce qu’on fait de mieux mais tous nos flux ne sont pas capables de passer par leur usine ».
Soren envisage donc de lancer un nouvel appel d'offres pour 2025, après celui de 2021 auquel avait répondu, notamment, Rosi Solar, afin de se préparer pour l’horizon 2030. « Car en 2030, l’objectif de collecte est de 40000 tonnes. On doit être en ordre de bataille, avec les capacités industrielles nécessaires », indique-t-il. Il faudra ensuite s’attaquer aux objectifs de 2040 et 2050, respectivement aux alentours de 150 000 tonnes et de 300 000 tonnes - correspondant aux quelque 300 000 tonnes (soit 14,5 millions de panneaux) installées en 2023.
Pour le directeur général, « il y a vraiment un travail de fond, d'anticipation, avec les partenaires industriels, pour mettre en place les capacités au bon moment. Le risque, par exemple, est de développer des surcapacités en amont, qui ne seront économiquement pas viables ».



