Presque en phase avec son calendrier, Carbios a enfin choisi son partenaire industriel et le lieu où sera construite sa première usine de recyclage de polyéthylène téréphtalate (PET). C’est à Longlaville, en Meurthe-et-Moselle, près de la frontière luxembourgeoise, que sera implantée cette usine, sur le site Glanzstoff de son partenaire Indorama, qui est le plus gros producteur mondial de cette résine, utilisée, entre autres, dans l’emballage, pour la fabrication de bouteilles et de barquettes. Quelque 150 millions d’euros seront investis dans cette unité qui aura une capacité de traitement annuelle de 50 000 tonnes et qui sera opérationnelle à partir de 2025. Il s’agit du premier site de recyclage enzymatique au monde. Ainsi, 150 emplois directs et indirects seront créés.
Défis
« Nous sommes très heureux que Carbios et Indorama Ventures aient choisi la France afin de construire leur première usine pour fabriquer du PET 100 % biorecyclé. À partir d’une technologie novatrice, Carbios a développé un procédé révolutionnaire qui permet de transformer les déchets plastiques en nouveaux produits de qualité. Cette technologie de rupture reflète l’ambition du gouvernement au sein du plan d’investissement France 2030 : se préparer aux défis de la prochaine décennie. Combiner biotechnologie et ambition industrielle renouvelée sera essentiel pour parvenir à une économie plus circulaire », a indiqué Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance.
Pilote industriel
Le procédé baptisé C-Zyme et dont Carbios a validé il y a seulement quelques mois le pilote industriel sur le site de Michelin à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) prévoit plusieurs étapes qui consistent, en substance, à dépolymériser la matière dans ses éléments constitutifs que sont l’acide téréphtalique (PTA) et le monoéthylène glycol (MEG), puis à la reconstituer, par polymérisation, pour obtenir un PET vierge, de grade alimentaire, pouvant servir à fabriquer de nouveaux emballages. À la différence des recyclages mécanique et chimique, le procédé se veut plus propre, car il est réalisé par le biais d’une réaction enzymatique, donc sans solvants, et plus performant en terme de qualité. Indorama Ventures prévoit de co-investir dans le projet et d’étendre l’utilisation de la technologie à d’autres sites. Le gouvernement français et la région Grand-Est participeront également via un financement « non dilutif » d’un montant significatif.



