Pour cette 55eme édition du Bourget, Dassault Aviation prend de la hauteur. Le fabricant des avions de combat Rafale et des jets d’affaires Falcon a présenté pour la première fois la maquette de son avion spatial, le Vortex (pour véhicule orbital réutilisable de transport et d’exploration). A côté des stands des grands acteurs du secteur spatial comme l'agence spatiale européenne, le CNES ou ArianeGroup, l’avionneur profite de la création du nouveau hall dédié au secteur spatial, le Space Hub, pour lever le voile sur ce projet mené en toute discrétion.
«Qui contrôle l'espace, contrôlera ce qu'il y a en dessous. Il faudra être dans l'espace avec très certainement des avions spatiaux à un horizon de 15 à 20 ans», prévenait Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, dès 2018.
La maquette de l’avion exposée a les allures de la navette spatiale américaine avec un fuselage plat au niveau du ventre de l’appareil, une large soute, des ailes qui courent sur toute sa longueur et fortement recourbées à leur extrémité, tout en étant dépourvu de cockpit à l’avant et d’empennage à l’arrière.
Trois à quatre fois plus petit que l’appareil final, le premier démonstrateur visé devrait atteindre 4 mètres de longueur pour 2,5 m de hauteur et une masse de l’ordre de la tonne. Selon l’enveloppe de vol visée, le démonstrateur pourrait atteindre 120 km d’altitude et une vitesse de Mach 12 (soit environ 14800 km/heure).

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«Cet appareil est conçu pour mener des missions militaires et civiles», précise-t-on à L’Usine Nouvelle sur le stand de Dassault Aviation. Comme le shuttle de la NASA, l’avion Vortex doit être lancé par une fusée pour gagner l’espace. Il pourra être manœuvré en orbite et contrôler son altitude grâce à des gouvernes aérodynamiques et des allumages-moteurs.
Rentrée atmosphérique hypersonique
Avec un fuselage principalement en aluminium et en titane, certaines surfaces seront également recouvertes d’un revêtement en céramique et matériaux ablatifs capables de résister aux très hautes températures, de l’ordre de 1500°C, de sa rentrée atmosphérique en vitesse hypersonique. Lors de son retour sur terre, il serait freiné par un parachute puis se posera comme un avion de ligne grâce à son train d’atterrissage.
Sur le stand, les écrans détaillent les missions et les capacités de l’appareil : transport d’équipage, interventions en orbite (ravitaillement et maintenance de satellite), amarrage avec une station spatiale, largage de charge utile dans l’espace, expérimentations scientifiques et industrielles en situation de microgravité, récupération de débris spatiaux…
«Nous procédons par étape. Nous avons déjà fait toutes les études. Le vol d’un premier démonstrateur pourrait intervenir dans les trois prochaines années, précise encore le démonstrateur. Nous avons un héritage de 50 ans dans les technologies spatiales principalement dans les domaines de l’aérodynamisme et des commandes de vol.» Le 20 juin au Bourget,Sébastien Lecornu, ministre des Armées, et Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, ont signé une convention de soutien au développement du démonstrateur d'avion spatial.
Un premier vol de démonstrateur d'ici à 3 ans
Dassault Aviation a un palmarès souvent oublié mais bien réel. L’avionneur a été le maître d’œuvre industriel du programme de navette spatiale européenne Hermes dans les années 1980, avant que le projet ne soit pas abandonné faute de moyens. Il a été aussi le partenaire européen du programme de véhicule spatial manoeuvrant X38 de la Nasa.
Dernièrement, il a contribué à définir le design de forme du vaisseau spatial IXV (pour véhicule expérimental intermédiaire), de l’agence spatiale européenne destiné à appréhender le phénomène des rentrées atmosphériques. Réalisé par l’italien Avio et Thales Alenia Space, le vaisseau sans pilote a réalisé un premier vol en 2015.
S’il voyait le jour, un programme d’avion spatial devrait être mené en coopération associant le savoir-faire de différents industriels. Il faudrait de l’ordre de dix ans pour espérer un premier vol opérationnel.



