Elles étaient cinq start-up françaises, à peine créées, ou même, pour certaines, encore au stade de l'idéation, pré-sélectionnées pour participer au concours « Go for it ! » organisé par TWB (Toulouse White Biotechnology), dans le cadre de son Start-up day, ce mardi 21 juin. C'est finalement le projet bordelais Dionymer qui a remporté les suffrages du jury avec une technologie qui permet de transformer les déchets organiques industriels en biopolymères à l’aide de micro-organismes.
A la clé, 4 journées de mentorat fournies par TWB et un accompagnement des trois partenaires du concours, le pôle de compétitivité Agri Sud-Ouest Innovation, la French Tech Toulouse et ShakeUp Factory, l'accélérateur de start-up de la chaîne agroalimentaire. L'occasion aussi, comme pour les quatre autres candidats en lice, de bénéficier d'un coup de projecteur et d'un premier contact avec de nombreux acteurs de l'éco-système biotechs.
Le rendez-vous annuel de la plateforme toulousaine de recherche en biotechnologies industrielles réunissait à Toulouse un peu plus de 200 professionnels, investisseurs, entreprises industrielles et startupers venus de toute l'Europe. Sur les rangs de ce « Go for it ! » : deux projets toulousains, Jasder et Ginkgo Cotton. Le premier vise à ouvrir une nouvelle voie pour des dérivés de jasmonate, des molécules régulatrices de plantes. Le second ambitionne de produire des fibres de coton à partir de cellules souches cultivées en laboratoire.
Un projet montpelliérain, CarboZym, concrétise pour sa part un projet de spin-off du CNRS et prévoit de commercialiser un portefeuille de molécules naturelles produites par biocatalyse, tandis que l'équipe parisienne d'Alterseed présentait un projet de production de protéines 100% végétales, à base de chanvre. De son côté, Dionymer a développé sa propre technologie de fermentation.
Une alternative aux polymères issus de la pétrochimie
Créée en octobre 2021 par trois jeunes ingénieurs en chimie de Bordeaux, Thomas Hennebel, Guillaume Charbonnier et Antoine Brege, la société a fait sa preuve de concept, à échelle d'un litre, sur des marcs de raisin. A l'arrivée, quelques grammes de polymères PHA (polyhydroxyalcanoates) biosourcés, à hautes performances et biodégradables. « Une alternative bas-carbone aux plastiques pétrochimiques », s'enthousiasme Thomas Hennebel.
L'objectif est maintenant de passer à un démonstrateur pré-industriel, d'améliorer le rendement et d'élargir la technologie à d'autres déchets organiques, notamment les déchets alimentaires de collectivités. L'ambition est de proposer à terme l'implantation d'unités de transformation sur des sites clients dans le cadre d'une démarche d'économie circulaire. Dionymer bénéficie du soutien du LCPO (université de Bordeaux, CNRS, Bordeaux INP), de l’ENSTBB (Bordeaux INP) et de l’ENSCPB (Bordeaux INP). La société compte créer une trentaine d'emplois d'ici fin 2024 et prépare activement une première levée de fonds.
Une solution enzymatique pour dégrader les sucres ajoutés
Le Start-up day a également distingué la société israélienne Ambrosio Bio dans la catégorie « Fast Track it », destinée aux start-up de moins de huit ans en phase de développement. Elle décroche une récompense d’une valeur de 50 000 euros sous forme de prestations à effectuer sur les plateaux technologiques de TWB et des opportunités de communication offertes par Bioeconomy For Change & Agri Sud-Ouest Innovation. Créée en septembre 2020 par Ziv Zwighaft, docteur en biochimie, Ambrosia Bio a développé une plateforme technologique enzymatique qui permet de convertir les sucres industriels, riches en calories, en sucres rares (allulose, tagatose, allose...), dont la teneur en calories est minimale.
Unité mixte de service sous triple tutelle INRAE/INSA/CNRS, TWB emploie 83 salariés et réalisé en 2021 un chiffre d'affaires de 9,1 millions d'euros. Depuis sa création en 2012, la plateforme de recherche totalise plus de 250 projets collaboratifs de R&D.



