Résilient face à la crise sanitaire de 2020 et après un premier semestre 2021 en croissance (le chiffre d’affaires est en hausse de 7,7% à 1,3 milliard d'euros), Michel Giannuzzi, le PDG de Verallia,a annoncé, vendredi 8 octobre, de nouveaux objectifs financiers et environnementaux pour les trois prochaines années. Après avoir généré une croissance organique de 7,4% par an en moyenne sur la période 2016 à 2020, l’entreprise, qui prévoit un chiffre d’affaires de 2,6 milliards d’euros cette année, vise une croissance organique de 4 à 6%, en moyenne, d’ici à 2024.
L’atteinte de cet objectif repose pour moitié sur une hausse des volumes, tandis que le solde doit provenir des prix et du mix produits. "Notre portefeuille est le plus large de l’industrie", affirme Michel Giannuzzi. "Notre offre est diversifiée. Nos 10 premiers clients (sur les 10 000 que compte le groupe) représentent 17% du CA".Le marché est porteur. "Il croît chaque année", assure le patron de Verallia, qui complète "La premiumisation et la substitution du plastique sont deux phénomènes qui favorisent le verre, dans un contexte de consolidation du marché et de demande croissante pour ce matériau".
Le Lean en action
La profitabilité du groupe, signifiée par un Ebitda estimé à 675 millions d’euros en 2021, doit croître de 28 à 30 % au même horizon. Pour y parvenir, Michel Giannuzzi compte notamment poursuivre la baisse des coûts de production à l’oeuvre depuis 2017. Le groupe réalise une économie de 35 millions d’euros par an grâce à son plan de performance, inspiré de ce que Toyota fait dans l’automobile. Le patron compte aussi s’appuyer sur l’augmentation des prix découlant de l’inflation. Une inflation, qui l’an prochain, sera fortement soutenue par la hausse des coûts énergétiques, estime Michel Giannuzzi, qui envisage une hausse des prix à deux chiffres et espère un niveau plus modéré en 2023.
Croissance profitable et durable
En faveur d’une croissance disciplinée, le dirigeant affirme ne pas vouloir "juste augmenter le chiffre d’affaires". "Nous voulons aussi inscrire nos actions dans une croissance profitable et durable", a-t-il insisté, quelques mois après avoir dévoilé la première feuille de route environnementale et sociale du groupe. Outre l’excellence opérationnelle revendiquée, les investissements dans l’outil industriel, le développement de la culture entrepreneuriale, c’est aussi son engagement dans la décarbonation que Verallia a donc fait valoir auprès de ses investisseurs.
Neutralité carbone sur les scopes 1 et 2 en 2050
"A la vue du dernier rapport du GIEC, nous pensons qu’être en dessous des 2°C est insuffisant. On va viser plus haut", a annoncé Michel Giannuzzi, qui souhaite réduire les émissions de gaz à effet de serre du groupe pour s'inscrire dans la trajectoire d'un maintien du réchauffement climatique sous 1,5°C. Le groupe indique, pour cela, vouloir réduire de 46% ses émissions de scope 1 et 2 d'ici à 2030 (par rapport à 2019) et maintenir ses émissions de scope 3 en dessous de 40% de ses émissions totales d'ici la fin de la décennie. La neutralité carbone pour les émissions de scope 1 et 2 en 2050 est "une ambition réaliste et réalisable", affirme le PDG, qui investira 220 millions d’euros sur les dix prochaines années pour décarboner son industrie.



