Avec le surtri, des solutions de recyclage pour tous les plastiques ménagers

Premier des trois sites retenus par Citeo pour le surtri des flux en développement de déchets d’emballage plastique, le centre Bourgogne recyclage à Beaune (Côte-d’Or) a été inauguré le 19 janvier.

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Centre de surtri Bourgogne Recyclage
Avec ses quinze machines de tri optique, le centre de surtri Bourgogne recyclage traite sept flux de plastiques différents. Il dispose d'une capacité de 30 000 tonnes par an.

Depuis quelques mois, le recyclage des emballages en plastique amorce un changement d’échelle. Grâce à la simplification du geste de tri, désormais effective sur 98% du territoire national, tous les emballages ménagers et papiers graphiques, ou presque, doivent être jetés dans le bac jaune. Pour autant, jusqu’à présent, ceux, rigides, en polyéthylène téréphtalate (PET) coloré et opaque blanc ou en polystyrène (PS), qui constituaient des « flux en développement », ne disposaient pas de filière de traitement et étaient majoritairement incinérés, voire enfouis. Pour massifier les tonnages de ces bouteilles de lait, barquettes de jambon ou de plats préparés, pots de yaourt..., à valoriser, Citeo, devenu opérateur en 2020 et qui achète ces volumes aux quelque 120 unités de tri conventionnelles françaises, a encouragé la création de centres de surtri. À la suite d’un appel à manifestation d’intérêt, l’éco-organisme en a sélectionné trois à l’automne 2022. Le premier et plus important d’entre eux, Bourgogne recyclage, à Ruffey-lès-Beaune (Côte-d’Or), a été inauguré le 19 janvier dernier. « Le coup d’envoi donné à ce site est une étape majeure, qui permet de créer des débouchés pour nos emballages en plastique qui jusqu’à présent échappaient en partie au recyclage », se félicite Jean Hornain, le directeur général de Citeo.

Une capacité de 30 000 tonnes

Dans sa nouvelle configuration, le centre bourguignon est entré en service en mai 2023. Après le regroupement de deux concurrents dans le département et la perte de marchés qui a suivi, E3R-Bourgogne recyclage était obligé de réorienter son activité. Le chantier a duré huit mois et a été « livré dans les délais », souligne Geoffroy Secula, le directeur général de l’entreprise. L’investissement s’est élevé à 26 millions d’euros, dont 19,3 millions financés par Citeo et 433 000 euros par l’Agence de la transition écologique (Ademe). D’une surface de plus de 3 000 m², l’installation a une capacité de traitement de 30 000 tonnes d’emballages par an. Elle emploie une trentaine de salariés, dont une douzaine en cabine de contrôle qualité.

Les étapes du surtri, centre Bourgogne Recyclage
Les étapes du surtri, centre Bourgogne Recyclage Les étapes du surtri, centre Bourgogne Recyclage

Des taux de pureté de 90 à 98%

Chaque jour, des balles d’emballages plastique ménagers rigides, pour une centaine de tonnes au total, sont livrées par camion. Une première machine les délite. Les déchets, en vrac, sont ensuite acheminés vers des cribles balistiques. Ces équipements achèvent de désolidariser les emballages et séparent ceux de petite taille, inférieurs à 30 mm, qui sont traités sur la ligne des « fines » par une machine de détection optique dédiée, avant d’être triés par des « défineurs » et envoyés vers l’unité de préparation des combustibles solides de récupération (CSR) qu’exploite E3R sur le site. Tous les autres sont séparés et éjectés par typologie – sept flux de PET, PS, PE et PP sont traités – par les quatorze autres caissons de tri optique Tomra Autosort du site. Chaque résine fait l’objet de deux phases de tri, une première qui réalise une séparation « macro » des emballages et une seconde qui assure la finition, pour supprimer les derniers indésirables que sont les étiquettes, cartonnettes et autres sachets. « Tout ce qui aurait échappé à l’identification en amont repasse sur d’autres machines pour que les derniers emballages soient écartés, puis renvoyés à l’entrée du process », précise Geoffroy Secula. Ce niveau de précision, « jamais atteint précédemment », remarque Éric Fromont, directeur du tri et des flux développement chez Citeo, permet de garantir des taux de pureté de 90 à 98%, selon les matériaux et les cahiers des charges. « Quand on avoisinait les 80% auparavant », complète Geoffroy Secula. En outre, les refus ne doivent pas comprendre plus de 25% de matière recyclable. Ainsi finement surtriés, les déchets sont finalement reconditionnés en balles pour être expédiés chez les recycleurs.

Deux autres centres

Mais Bourgogne recyclage n’est pas le seul centre de surtri en France. Fin 2023, un deuxième est entré en fonctionnement à Épinal (Vosges). Piloté par Suez, il affiche une capacité annuelle de 25 000 tonnes. Et un troisième, appartenant à Environnement Massif central (EMC) et d’une capacité de 15 000 tonnes, doit ouvrir dans le courant de l’année à Mende (Lozère). Tous sont liés à Citeo par un contrat d’approvisionnement de sept ans, extensible à dix ans. Pour l’éco-organisme, cela représente un investissement total de 49 millions d’euros. Par ailleurs, un appel d’offres pour un quatrième site, plutôt dans l’ouest de l’Hexagone, doit être lancé prochainement. « À terme, ce sont entre 100 et 110 000 tonnes de ces plastiques en mélange qui seront surtriés », observe Éric Fromont. Et d’ajouter : « En créant le maillon qui manquait encore dans la chaîne de recyclage, nous ouvrons la voie à la possibilité d’augmenter le volume d’emballages recyclés, notamment via les technologies avancées, à de nouvelles boucles fermées et au retour au contact alimentaire, des pots de yaourt fabriqués à partir de pots de yaourt par exemple, d’ici à l’année prochaine. »

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