Autajon met en place une filière de valorisation de la glassine dans le champagne

Le producteur d’étiquettes et d’emballages a réussi à collecter 35 tonnes de dorsaux d’étiquettes adhésives à des fins de recyclage en 2021, en association avec Avery Dennison, Cycle4Green et Lenzing. Il veut maintenant élargir ce dispositif à d’autres régions.

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Autajon glassines récupérées
Les glassines représentent un déchet pour les industriels qui utilisent des étiquettes adhésives. La partie en papier est recyclée, celle où se trouve le silicone valorisée par incinération avec récupération d'énergie.

Avery Dennison et UPM Raflatac comptent parmi les leaders mondiaux dans la fabrication de matériaux pour étiquettes adhésives. Les deux entreprises se soucient depuis maintenant quelques années de la valorisation de la glassine - également appelée dorsal - à savoir le film siliconé servant à transporter l’étiquette jusqu’à l’étiqueteuse et qui devient ensuite un déchet à éliminer. Faut-il encore pouvoir compter sur des imprimeurs d’étiquettes « coopératifs » afin que le système soit performant. Toute la question repose en fait sur la logistique. Autajon joue parfaitement le jeu depuis 2018, sous l'impulsion de son Pdg Gérard Autajon. « Nous avons mis en place le dispositif dans la région champenoise, où à partir de notre site d’Épernay, nous avons collecté 55 tonnes de glassines entre 2019 et 2021 - indique Laura Timpeira, en charge de la communication et du marketing de l’entreprise - les producteurs de champagne étaient très demandeurs ».

Une logistique à trois niveaux

Neuf tonnes en 2019, 11 en 2020, 35 en 2021 : les quantités de glassine récupérées augmentent progressivement, preuve que les industriels apprécient le dispositif qui, il est vrai, les soulage d’un poids, celui de ces déchets à éliminer. Pour parvenir à le faire fonctionner, Autajon a mis en place une logistique à trois niveaux. Il livre à ses clients de taille importante, des caisses en carton consacrées à la collecte des glassines qu’il ramasse ensuite une fois qu’elles sont pleines. Il récupère la glassine au cours de tournées individuelles chez les clients de taille plus petite, lorsqu’il livre des bobines neuves, cherchant la mutualisation. « Il peut arriver que l’on récupère de la glassine qui ne vient pas de chez nous, cela se produit par exemple lorsqu’un  producteur de champagne va chez son confrère qui adhère au système pour y déposer ses déchets » confie Laura Timpeira.

Au total, Autajon s’engage à stocker six tonnes de glassines, soit douze palettes au total, sur un même site, avant leur enlèvement pour recyclage. Quant aux maisons de champagne qui massifient de très grandes quantités, elles entrent en contact direct avec les parties prenantes. Une fois récupérées par Autajon, les glassines champenoises sont stockées sur son site d’Epernay. Les acteurs de la valorisation prennent en suite le relais, à savoir Cycle4Green, pour la récupération, et Lenzing pour le recyclage. Ce dernier procède, sur son site autrichien, à la séparation du papier de la partie silicone. Le premier est ensuite recyclé dans du nouveau papier d’impression tandis que le second est valorisé par incinération avec récupération d’énergie. Autajon participe au circuit en y intégrant ses propres déchets de production comme les excédents de rives. 

Autajon palettes de glassines
Autajon palettes de glassines Autajon palettes de glassines

Mettre en place un système national

Parmi les clients les plus actifs, la Maison Bollinger, participe à cette action depuis le lancement du service avec en moyenne 750 kg/mois de glassines. « Le dispositif est en place chez une soixantaine de clients de la région champenoise, nous voulons maintenant aller plus loin pour l’étendre à d’autres sites, et à d’autres régions françaises », explique Laura Timpeira. Aujourd’hui près de la moitié des sites d’Autajon en France proposent ou sont en train de mettre en place une action de collecte de glassine, soit cinq usines : Lorient (Morbihan), Rouen (Seine-Maritime), Épernay (Marne), Beaune (Côte-d’Or) et Orange (Vaucluse). Toutes les initiatives ne sont pas menées avec la tripartite Avery Dennison, Cycle4Green et Lenzing. En l’élargissant à l’ensemble de ses sites, soit dix en tout en France, Autajon pourrait améliorer encore plus son maillage territorial et, sans doute, développer des synergies encore plus intéressantes en termes de logistique. Surtout, il serait le premier imprimeur d’étiquettes français à se prévaloir d’un système d’ampleur à l’échelle nationale.

La glassine représente quelque 50 000 tonnes de déchets par an en France selon l’Union nationale des fabricants d’étiquettes adhésives (UNFEA). Dans le vin, neuf étiquettes sur dix sont transportées sur de la glassine.

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