Dans son édition du 2 septembre 2022, le quotidien Le Parisien y consacre sa Une et donne quelques exemples concrets. Chez Teisseire (Britvic), le bidon de sirop de grenadine est passé de 75 à 60 cl depuis avril 2020. Cette réduction de 20% du volume entraîne une augmentation de 37% du prix. Chez Saint Louis (Südzucker), la brique de sucre fond de -13% à 650 g mais le prix grimpe de 29%. Foodwatch ne pouvait pas laisser passer ces « arnaques ». Le jeudi 1er septembre, l’organisation non gouvernementale (ONG) a lancé une pétition intitulée « Stop à la shrinkflation : masquer l’inflation en réduisant la taille des aliments ». Emballages Magazine a déjà exposé à plusieurs reprises le principe de cette stratégie qui consiste à rétrécir - « shrink » - l’emballage pour masquer des hausses. La « réduflation » au Québec… En réduisant les quantités, les marques parviennent à maintenir le prix facial en augmentant le prix au litre ou au kilo. « Loin de se limiter à ces quelques exemples, la shrinkflation pourrait revenir sur le devant de la scène en cette rentrée 2022 avec l’inflation galopante des prix alimentaires. Pour éviter d’afficher une trop forte augmentation du prix à l’unité, la tentation de réduire le format en toute discrétion afin de masquer la hausse pourrait être grande », développe Foodwtach. Ministre déléguée chargée des PME, Olivia Grégoire a rapidement réagi en indiquant qu'elle saisissait la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour mener une enquête.
Déréglementation des formats
Depuis la déréglementation des formats au sein de l’Union européenne, les marques sont libres, de l'échantillon aux « girafes » en passant par les promotions et le lancement de nouvelles recettes, de fixer les formats de leurs produits, le prix de vente dépendant des stratégies des distributeurs et des négociations commerciales. « Libéralisation des formats d’emballage : attention aux prix ! » : ainsi était intitulé un communiqué de presse de l’association de consommateurs CLCV. C’était en avril 2009 à propos de la directive européenne 2007/45/CE qui met fin aux « quantités nominales », à l’exception des vins et spiritueux. Un considérant précise : « La mise en œuvre de la présente directive devrait s'accompagner de davantage d'informations à l'intention des consommateurs et de l'industrie afin d'améliorer la compréhension des prix à l'unité de mesure. » Dans les rayons, les consommateurs avertis doivent se référer aux étiquettes indiquant - toujours en petits caractères - les prix au litre ou au kilo. Sur les emballages, la quantité vendue est garantie par le grand « e » minuscule. Le Parisien relève un savoureux « Format généreux comme les gens du Sud » enlevé par Salvetat (Danone) après avoir fait passer sa bouteille de 1,25 à 1,15 l pour une augmenation de 15%…



