Quand les livraisons chutent, les résultats trinquent. Sans surprise, Airbus a dévoilé jeudi 18 février des résultats financiers 2020 en forte baisse, témoignant de l’impact de la pandémie mondiale sur l’activité industrielle du groupe. L’avionneur affiche un chiffre d’affaires de 49,9 milliards d’euros, en baisse de 29%. Sa perte nette est de 1,1 milliard d’euros. Et 2021 ne s’annonce guère meilleur : malgré les hausses de cadences attendues, le niveau de livraisons sera équivalent à celui de 2020, soit 566 appareils.
Mi-janvier, Airbus avait d’ailleurs dévoilé un prévisionnel un peu moins ambitieux qu’attendu. L’avionneur avait annoncé miser sur 40 A320 par mois au premier semestre, puis 43 par mois au troisième trimestre. Pour ses autres programmes, Airbus table sur cinq A350 par mois, deux A330 par mois et entre quatre et cinq A220 par mois. Sachant que les livraisons s’effectuent sur 11 mois, l’avionneur devrait donc s’en tenir à ses prévisions.
Le carnet de commandes résiste
Reste qu’Airbus est parvenu à réduire l’ampleur du trou d’air, dans la mesure où la baisse de son chiffre d’affaires est moins forte que celle des livraisons d’avions (-34%), en générant de plus gros revenus par appareil. Une bonne performance que le groupe doit à ses deux autres divisions. Si Airbus Defence and Space n’enregistre qu’une baisse de 4% de son chiffre d’affaires, à 10,4 milliards d’euros, Airbus Helicopters voit le sien croître de 4%, à 6,2 milliards d’euros.
Alors que le groupe mène un plan de réduction de ses effectifs de 15 000 personnes dans le monde, sur un total de 135 000 salariés environ, il a provisionné une charge de 1,2 milliard d’euros pour mener à bien sa restructuration. Sans surprise, les dépenses en R&D subissent aussi un régime minceur: elles sont passées de 3,4 milliards d’euros en 2019 à 2,9 milliards d’euros en 2020. Dans ce paysage morose, le groupe peut se féliciter de voir son carnet de commandes se maintenir à des altitudes vertigineuses, avec 7184 appareils restant à livrer.



