Même topo pour les hélicos. Si l’aviation commerciale subit au premier chef la crise qui touche le transport aérien dans le monde en raison de la pandémie mondiale, les hélicoptères ne sont pas épargnés. Mais à un degré moindre : Airbus Helicopters a annoncé, mardi 26 janvier, avoir livré 300 appareils en 2020, contre 332 l’année précédente. Soit une baisse de 10 %, bien moins prononcée que la réduction de 34 % des livraisons des avions commerciaux au sein de l’avionneur européen. "Nous nous attendons à une reprise du marché d'ici deux ans environ", a précisé Bruno Even, le pdg d'Airbus Helicopters, durant la conférence de presse.
Si la baisse de livraisons est mesurée, elle atteint un seuil symbolique qui renvoie Airbus Helicopters plus de dix ans en arrière. A titre de comparaison, cette division d’Airbus avait livré 497 hélicoptères en 2013, un niveau qui n’a jamais été atteint depuis. Le Covid-19 accentue donc une tendance à la baisse entamée depuis cette date, s’expliquant pour bonne part par la baisse d’activité dans le secteur pétrolier ayant avant tout un impact sur le segment des hélicoptères lourds. Airbus Helicopters, heurté l'an dernier par une crise touchant cette fois-ci davantage les hélicoptères légers (VIP, tourisme...), a in fine atteint en 2020 un point bas historique de livraisons.
Des parts de marchés qui résistent
Une mauvaise performance qui n’empêche pas Airbus Helicopters de maintenir ses parts de marché dans le civil et le parapublic à flots, démontrant au passage que tous ses concurrents affrontent les mêmes difficultés. Le groupe assure qu’elles s’élèvent à 48 % (en nombre d'appareils), loin devant Leonardo (20 %), Bell (18 %), Russian Helicopters (12 %), Sikorsky (1 %) et les autres concurrents de moindre envergure (1 %). Un léger recul : Airbus Helicopters affichait 54 % de parts de marché en 2019.

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Les livraisons de 2020 comprennent d’ailleurs le premier H145 à cinq pâles, destiné aux urgences médicale pour Norsk Luftambulanse. Côté militaire, Airbus Helicopters a par ailleurs livré un H225M à l’armée de l’air du Koweit, le premier NH90 destiné à l’armée de l’air espagnole ainsi que le 463 ème exemplaire de son UH-72A (version militarisée du EC145) depuis son site américain de Columbus (Mississippi).
La recherche continue...
Sans surprise, les commandes sont également en berne. Airbus Helicopters a engrangé 289 commandes brutes et 268 commandes nettes (hors annulations), à 50/50 entre le civil et le militaire. Un niveau bien inférieur aux précédentes années. Mais les parts de marchés en matière de commandes civiles seraient orientées à la hausse, comme l'a précisé Bruno Even, et s'élèveraient à près de 70%.
La division d’Airbus avait fait état de 369 commandes brutes et 310 commandes nettes en 2019, et de de 413 commandes brutes et 381 commandes nettes en 2018. L’an dernier, les commandes ont été tirées vers le haut dans le civil par le H145 (84 commandes) et le H135 (33 commandes), et dans le militaire par le NH90 (31 commandes) pour l’armée allemande. Quant au dernier-né, le H160 (plateforme civile et militaire), certifié par l'AESA l'été dernier, il cumule 11 commandes.
Dans la tempête, Airbus Helicopters s’est efforcé malgré tout de maintenir ses activités de recherche. C’est le cas notamment du démonstrateur de taxi volant CityAirbus, qui a effectué l’an dernier son premier vol entièrement automatisé. Le drone hélicoptère VSR700 a quant à lui assuré son premier vol libre en juillet et effectué des essais d’atterrissage autonome en fin d’année. Autre projet majeur : le laboratoire volant Flightlab, dévoilé mi-janvier, qui permet au groupe depuis début 2020 de tester de nombreuses technologies de pointe. Il multipliera les campagnes d'essais cette année.



