Bilan mitigé pour le premier tir de Blue Origin, le concurrent en puissance de SpaceX. A l’occasion de la mission NG-1 qui s'est déroulée le 16 janvier, la société du fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, a réussi à atteindre l’orbite visée mais a échoué à récupérer le premier étage comme prévu. La société n’a pas encore pu communiquer les raisons de cet échec.
A 2h02, à Cap Canaveral en Floride (8h02 heure de Paris), les puissants moteurs BE4 du premier étage de la fusée de Blue Origin se sont allumés dans l’obscurité. Le New Glenn, le lanceur géant de près de 100 m de haut, s’est alors élevé dans le ciel pour la première fois. Les premières minutes du vol se sont déroulées parfaitement avec un lanceur qui gagnait rapidement en vitesse et en altitude. Au bout de 4 minutes, la séparation des étages s’est effectuée comme prévu.
L’étage supérieur a alors continué seul son vol vers son orbite finale tandis que le premier étage effectuait son retour sur Terre. Avec des réussites différentes. Les moteurs du second étage se sont allumés correctement et ont amené l’étage supérieur à destination en moins d’une dizaine de minutes. Il restera en orbite plus de 6 heures pour tester ses systèmes avioniques et ses systèmes de télécommunications.
Au contraire, le premier étage a échoué à revenir sur Terre. Le centre de contrôle a rapidement perdu le contact avec la partie basse du lanceur. Au cours de la retransmission vidéo, les données télémétriques qui précisaient jusqu’ici la vitesse et l’altitude du lanceur, n’évoluaient plus laissant présager un dysfonctionnement sérieux de l'étage.«Nous avons perdu le booster lors de la descente. Nous savions que la récupération de l'étage au premier essai serait un coup ambitieux», a tweeté Blue Origin quelques minutes après le vol. Aucune explication précise n’a toutefois été communiquée quand à cette perte alors que l’équipement entamait à peine sa phase de retour. L’étage était censé revenir se poser sur une barge située dans l’océan Atlantique à environ 1000 km des côtes.
des solides atouts pour concurrencer Space X
La société spatiale de Jeff Bezos s’était préparée à ne pas réussir cette phase délicate du vol. La société avait affirmé que les objectifs de la mission seraient atteints si le lanceur réussissait à joindre son orbite en toute sécurité. «Tout le reste serait du bonus», confiait-on du côté de Blue Origin. Cela aurait été effectivement un exploit inédit de réussir la récupération dès le premier vol d’un nouveau lanceur.
Ce sera toutefois l’un des objectifs à atteindre pour les prochains lancements. Le New Glenn a été conçu pour être réutilisé une vingtaine de fois. Bue Origin mise sur des fusées réutilisables pour baisser drastiquement le coût de ses lancements et s’imposer comme un nouvel entrant avec lequel il faudra compter.
Au-delà d’être réutilisable, la fusée de Jeff Bezos a d’autres atouts pour s’imposer sur le marché des lanceurs et notamment face à SpaceX ou encore Ariane 6. Blue Origin a vu grand pour son lanceur. D’une hauteur équivalente à celle d'un immeuble de 30 étages, le New Glenn est presqu’aussi imposant que la fusée Saturn V qui avait transporté des astronautes américains sur la Lune à l’occasion du programme Apollo. Sa coiffe géante haute de 7 mètres permet de transporter 45 tonnes de charge utile jusqu’à l’orbite basse, soit près de deux fois plus que la concurrence. Par ailleurs, la fusée a été conçue pour le vol habité.
Blue Origin a précisé qu'une prochaine tentative sera réalisée au printemps. Elle dispose déjà de plusieurs exemplaires disponibles de son lanceur en cours de fabrication. Blue Origin indique avoir collecté énormément de données à l’occasion de ce premier tir. Leur analyse permettra de comprendre le déroulé du vol et d’apporter les corrections nécessaires.



